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Mercredi 14 mai 2008

Allez, hop, tapis rouge. Demain matin, dans l'avion direction la Côte d'Azur, la Croisette, le cinéma. Pour le Festival et moi, c'est une première fois. J'ai un peu le trac, mais je suis surtout surexcité. J'ai le smoking, l'aspirine, les lunettes de soleil. Tout est paré...
par Kaplan publié dans : La sortie
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Mardi 13 mai 2008
Rien de tel qu'un break de trois jours au soleil, fût-il parisien, pour déconnecter des vicissitudes du quotidien.

Trois jours sans obligations et sans contraintes, à profiter des plaisirs de la capitale et de ses environs (un tour à Versailles, une balade au fil de la Seine, une halte Place des Vosges), à faire frétiller les papilles (un homard samedi, un barbecue dimanche, quelques bons vins tout du long), à s'offrir du repos, et cerise sur le gâteau, à caser une toile dans le lot (Jeux de Dupes, alias Leatherheads, de et avec George Clooney : une comédie nostalgique sur la naissance du football américain pro dans les années 1920, moitié Frank Capra moitié Preston Sturges, élégante et malicieuse comme ce bon vieux George, mais un peu vaine).

Prendre du temps pour soi et les autres, lever le nez du guidon, ralentir la cadence pour savourer tous les bons moments à vivre et à partager. La plupart du temps c'est mon credo, mais ces derniers jours je l'avais un peu oublié. Ce week-end prolongé m'aura au moins permis de remettre les choses à plat... et de revenir à l'essentiel.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Lundi 12 mai 2008
J'ai découvert Shiina Ringo ce week-end grâce à mon frère (merci Brother). Cette chanteuse japonaise semble avoir un univers bien à elle et un son à part, comme en témoigne ce clip, que je trouve pas mal du tout. Bonne semaine à tous.

par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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Vendredi 9 mai 2008
Un long week-end qui commence. Trois jours d'un repos que j'espère salutaire. Le besoin de me ressourcer, de retrouver une énergie qui est en train de me quitter ces jours-ci. Trop de coups, trop d'habitudes, trop de compromis, trop d'efforts pour être conciliant, pondéré et avisé alors qu'autour, tout le monde ou presque semble vouloir profiter, tirer la couverture à soi, ménager son intérêt sans chercher celui de la collectivité. Comme si tout était dû et rien ne se méritait, comme si l'on pouvait prendre sans jamais rien donner. En temps normal ça me glisse dessus, et puis parfois, la coupe est pleine. Alors du repos, vraiment.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Mercredi 7 mai 2008
Chers amis et lecteurs fans de football (oui, oui, je sais que vous êtes nombreux !), oublions un instant les mésaventures du Paris Saint-Germain (qui personnellement, ne m'empêchent pas de dormir... ) et l'Euro qui approche à grands pas (ça par contre...) pour nous concentrer sur ce qui fait vraiment la beauté de ce sport : la publicité (ironie !). Le foot ne serait pas ce qu'il est sans ses gros sous et ses campagnes de communication massives, et à ce petit jeu les grands équipementiers rivalisent d'invention depuis plusieurs années pour appâter le chaland. Dernière preuve en date, la nouvelle pub Nike, redoutable d'efficacité, qui rassemble la crème du football mondial (Cristiano Ronaldo, Cesc Fabregas, Ruud Van Nistelrooy, Ronaldinho, Wayne Rooney, Marco Materazzi, William Gallas, Arsène Wenger et on en passe...) pour nous raconter en deux minutes le parcours éclair d'un champion, tout en vue subjective. Je me fais le plaisir de joindre la vidéo ci-dessous, dans la version diffusée en France - il y a des variantes selon les pays, mais celle-ci est la plus trash. Et un peu de trash de temps à autre, ça ne fait pas de mal, si ?


par Kaplan publié dans : Le match
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Mardi 6 mai 2008
Je viens de lire coup sur coup deux livres totalement différents. Par leur forme, leur style, leur époque et leur auteur. Mais entre lesquels j'ai tissé comme un fil rouge. Le premier, c'est un roman américain de John Fante, offert par un ami pour mon anniversaire (merci JC !), le second est un essai érotique de la poétesse syrienne Salwa Al Neimi, que j'ai pu lire en épreuve. Le premier a été écrit dans les années 30, le second vient de sortir. A priori, rien à voir.

La Route de Los Angeles est considéré comme le premier roman de John Fante, et pourtant il n'a été publié qu'après sa mort, bien après ses succès Mon Chien Stupide et Demande à la Poussière - le seul que j'avais lu auparavant. On y rencontre pour la première fois l'alter ego de l'auteur, Arturo Bandini, dans un récit qui comporte à n'en pas douter bon nombre d'éléments autobiographiques. Jeune italo-américain aspirant à devenir écrivain, Bandini vit avec une mère fatiguée et une soeur bigote, lit Nietzsche à la bibliothèque et des magazines coquins en cachette, se réclame de l'internationale communiste et travaille dans une conserverie de poissons. Esprit tourmenté, mythomane et mégalo, capable de se battre avec sa soeur, de se mutiler jusqu'au sang et de descendre des crabes à la carabine pendant une journée entière pour canaliser sa colère, Bandini est un étonnant concentré de frustration. On est constamment partagé entre le rire et l'effroi devant ce personnage hirsute, qui semble à tout moment au bord de la folie furieuse. Au fil du livre (un livre chaotique et charnel, presque précurseur de Bukowski et de Kerouac), on devine surtout chez lui une incroyable frustration, sexuelle bien sûr, mais aussi littéraire. Cet homme abreuvé de livres, ivre de mots, rongé par l'envie d'écrire, est incapable de signer un roman potable, tout comme il est incapable d'adresser la parole à une femme qui ne soit pas sur papier glacé... Jusqu'au dénouement final, où enfin, libéré de son carcan familial et de ses petites obsessions maniaques, Bandini décide de partir. De partir pour Los Angeles et tout recommencer. L'action comme remède à la frustration.

La Preuve par le Miel ressemble à un journal intime mais il pourrait tout aussi bien être un roman. Pas facile de démêler le vécu de la fiction dans cette exploration de l'intimité d'une femme. Salwa Al Neimi lève le voile (sans mauvais jeu de mots) sur la sexualité de la femme arabo-musulmane, et prouve - par la chair et l'esprit - que la volupté est soluble dans la tradition. En nourrissant sa propre expérience des écrits érotiques multicentenaires de la tradition orientale, elle démontre que le plaisir sexuel n'a jamais été contraire aux injonctions religieuses, malgré la lecture abusive que les extrémistes de tout poil voudraient en avoir. Elle avance aussi, à sa façon, que cette vie terrestre, quelle que soit la spiritualité que l'on adopte, est la seule que nous sommes sûrs de tenir dans nos mains, et qu'elle s'écoule comme du sable entre nos doigts. L'affirmation du fait que nous sommes des êtres de chair et de sang, des êtres de pulsions et de désirs, des êtres qui peuvent jouir, séduire et tromper, voilà qui n'a rien d'exceptionnel... L'originalité vient du fait que c'est une femme syrienne qui s'aventure sur ce terrain. Elle le fait sans impudeur, mais sans rien masquer de sa sensualité. Elle le fait aussi en se référant au monde dont elle est issue, et surtout, surtout, en se référant aux auteurs d'un temps révolu qui avaient des idées d'avant-garde - une façon de désamorcer les attaques avant qu'elles soient portées. Cela ne va pas sans quelques clichés orientalistes, hammam et jasmin, mais cela a le mérite de bousculer pas mal de convenances, ici comme ailleurs. Finalement, avec ses accents gentiment libertins, La Preuve par le Miel ne m'aura pas tellement remué, mais je crois savoir qu'elle en a remué plus d'un, et dans le bon sens du terme. Les révolutions se font parfois à petite échelle...

Finalement, en lisant ces deux livres dans la foulée, j'ai réalisé, une fois de plus, à quel point le désir est le moteur de l'écriture. Le désir assouvi ou le désir frustré, l'énergie contenue ou l'énergie déployée - c'est là le meilleur carburant. La douleur ou la volupté, le manque ou le trop-plein, la rupture ou le porte-à-faux. Diluer ses frustrations, ou revendiquer ses transgressions. Ruer dans les brancards par les actes et les mots, ou se laisser simplement porter par les sens. Bouffer sa vie, la déguster, la digérer, la rater, ou savoir estimer le fait de n'en voir que le menu. Et écrire...
par Kaplan publié dans : Le livre
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Lundi 5 mai 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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