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Mercredi 1 juillet 2009

Pour la deuxième édition de nos fameux "déjeuners entre hommes" qui devaient initialement se dérouler une fois par mois mais qui ont plutôt l'air de prendre un rythme trimestriel, et dont je vous épargne ici l'acronyme cavalier par pudeur autant que par respect pour les âmes sensibles (que cette phrase est longue, j'ai failli m'étouffer rien qu'en l'écrivant !!!), nous sommes allés chez Isse (à Isse ???), adresse japonaise de bonne réputation, souvent saluée par les plumes gastronomiques. Sauf François Simon qui, en expert de la cuisine nippone, est manifestement resté sur sa faim. Eh bien loin de nous l'idée de nous poser en experts de la cuisine japonaise, pas plus qu'en imitateurs serviles du respectable Monsieur Simon, mais notre escapade dans cette petite adresse à la salle allongée et à la déco courant d'air nous a également déçus.

Face à la difficulté de nous faire expliquer, nous pauvres ignorants, les subtilités des plats à la carte, nous nous sommes rabattus sur l'alléchante bento box, qui semblait offrir un éventail de saveurs susceptibles de contenter la gourmandise du voyageur immobile. Jugez plutôt : anguille grillée, brochette de magret, spaghettis d'agar-agar et couteaux, cuisse de canard aux légumes, tempuras de poisson... je dois en oublier une ou deux au passage. Malgré l'élégance de la présentation et le côté ludique de l'assortiment, rien ne surprend vraiment, aucune saveur n'emballe, et l'ensemble se révèle même un peu indigeste. Mauvaise pioche ? On peut le penser, vu la réputation du lieu. Certes, nous n'avons pas mal mangé, loin de là. Mais à 35€ la bento box, avec une ou deux bières japonaises et un café, cela nous amène à... 45€ pour un déjeuner en excellente compagnie, certes, mais qui ne laissera pas de souvenir impérissable. Isse, pour nous c'est sûr, la messe est dite.

45 rue de Richelieu, Paris I, M° Palais Royal - Musée du Louvre, 01 42 96 26 60.
Par Kaplan - Publié dans : Le resto
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Lundi 29 juin 2009
Davis Foenkinos a du style, de la sensibilité et de l'humour, il sait parler des femmes et de l'amour, ou du moins il sait écrire à leur sujet. Il le prouve encore avec Nos Séparations, son dernier roman, dont je me suis emparé après avoir lu la critique plutôt élogieuse de Thierry Richard.

Nos Séparations
est un roman bref, fluide, que l'on parcourt avec la même aisance que celle avec laquelle on s'abandonne au plaisir d'une comédie romantique - une bonne comédie romantique, c'est-à-dire un peu sucrée mais avec un arrière-goût amer, et où le romantisme n'aseptise pas les connotations sexuelles...

Il nous fait suivre, sur une période de plusieurs années, l'histoire d'amour belle et compliquée de Fritz et Alice, un couple que la vie va unir, séparer, réunir, séparer de nouveau, etc. On valse en permanence entre les situations classiques, voire convenues (les tensions culturelles et familiales, les éclipses de la passion, les disputes sans queue ni tête, les tentations d'aller voir ailleurs, les excuses que l'on se donne pour y aller...), et des passages vraiment originaux, comme les scènes de séduction et de retrouvailles entre les protagonistes, ou comme toute l'improbable parenthèse bretonne durant laquelle notre héros en perdition s'improvise vendeur de cravates. A certains moments, on se croirait presque dans du Paul Auster, avec les sorties de route arbitraires et les petites histoires gigognes (la fille qui écrit un roman dont la fin est similaire au roman que l'on est en train de lire, etc.) A d'autres, on se dit que l'on a vraiment l'impression d'avoir déjà lu cette histoire une bonne douzaine de fois. Il faut bien avouer que beaucoup d'histoires d'amour se ressemblent, en bien comme en mal, et que malgré tout son talent, son sens de la formule qui fait mouche et son humour tendre, David Foenkinos n'a pas forcément cherché à réinventer le genre. L'impression de déjà-vu, voire de facilité, est donc tenace, et on le regrette d'autant plus que l'auteur déploie par ailleurs une authentique séduction.

Reste un roman agréable, dont on aurait pu attendre plus, sur le dénouement notamment, mais qui nous confirme, si besoin était, que nos vies sentimentales sont bien fragiles, qu'elles se brisent parfois d'un simple geste, d'un mot, d'un regard ou d'un coup de rein, et que leurs éclats sont bien difficiles à réparer... ou à balayer.
Par Kaplan - Publié dans : Le livre
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Vendredi 26 juin 2009
Bon, on ne va pas en faire des tonnes, tous les médias en mettent assez de couches comme ça. Mais bon sang, quand même. Michael Jackson. Mort à 50 ans. Eteint à jamais. Ce type qui a révolutionné la pop, qui a fait danser le monde entier, qui a été tout simplement le gars le plus cool de la planète au début des années 80, est parti. Cela faisait quelques années qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même, mais pour tous ceux qui ont, comme moi, grandi dans les années 70 et 80, il restera le petit prodige des Jackson Five et le jeune homme éblouissant de Off the Wall et Thriller (j'avoue que j'ai commencé à décrocher avec Bad). J'étais en train de bosser sur mon ordinateur hier soir quand la nouvelle est tombée - d'abord qu'il était hiospitalisé, puis qu'il était mort - et j'ai vu l'effet "traînée de poudre" sur Twitter, puis sur Facebook. Ou comment les réseaux sociaux et les nouveaux modes de communication se mettent à l'unisson pour créer une communion autour d'un événement et d'un personnage qui a influencé plusieurs générations dans le monde entier. Ce qui est troublant, c'est que je lui ai consacré deux "My mood, my Tune" ces derniers mois : d'abord I Want You Back pour ses 50 ans, puis son duo avec Paul Mc Cartney suite à une soirée très 80's dans un bar près de Madeleine. Même artistiquement mort depuis des années, Michael Jackson ne nous a jamais quittés. Ses chansons sont là pour toujours.

Par Kaplan - Publié dans : L'info
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Lundi 22 juin 2009
Par Kaplan - Publié dans : My mood, my tune
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Vendredi 19 juin 2009

Régulièrement, l'Espagne revient dans ma vie. C'est ainsi. De temps en temps, j'ai besoin de ma dose de péninsule ibérique : de sa cuisine, de ses saveurs, de son rythme de vie, de son soleil, de sa langue. C'est un rapport presque charnel et assez inexplicable. J'ai toujours aimé ce pays et ce qu'il véhicule, jusqu'aux clichés les plus éculés. Alors quand j'ai l'occasion de m'offrir un petit voyage en Espagne, même un voyage symbolique, je ne m'en prive pas. Samedi dernier, à l'occasion d'une soirée organisée pour un ami madrilène expatrié, j'ai eu l'idée de tester Fogon, le restaurant récemment étoilé du chef Alberto Herraiz. Un bon moyen de s'offrir une parenthèse espagnole à Paris, à défaut de prendre le premier avion.

Fogon n'a rien du bar à tapas traditionnel, avec les jambons qui pendent au plafond et les affiches de corrida sur le mur. C'est un restaurant assez haut de gamme, qui propose une cuisine d'influence espagnole mais plus "gastro" que bistrot, avec un décor moderne et une ambiance feutrée - on n'est pas vraiment dans une bodega. D'emblée, on est plutôt séduit par le confort des banquettes, l'amabilité des serveurs, et les petits détails qui font mouche - comme le tiroir dans la table pour prendre ses couverts. Sur la carte, une courte sélection de vins, des tapas, et deux menus à sélectionner. Nous optons pour le menu "riz" à 44 euros. On nous apporte, en amuse-bouche, de petits gazpachos à l'amande et à la rucola. Puis vient un assortiment de tapas du jour. On est loin de la tortilla et du pan con tomate : ce soir, c'est chinchard sauce raifort, salade de mesclun et pressé de boeuf, et croquette de légumes avec une sauce tomate légèrement relevée. Pour faire bonne mesure, nous décidons de commander, en supplément, une assiette de pata negra. Les tapas sont extra frais, savoureux, légers ; le jambon (le meilleur du monde si vous voulez mon avis) est fondant et parfumé. C'est un régal. Pour le plat de résistance, nous devons nous mettre d'accord sur un riz à partager à trois. Nous optons pour du riz noir à l'encre de seiche (on peut également choisir un riz "classique" à la valencienne ou un riz au jambon iberico, entre autres), qui se révèlera un excellent choix : dans un grand plat à paella que l'on nous pose sur la table, le riz nous appelle telle une chaude nuit d'été. L'encre est bien présente mais jamais écoeurante, quelques morceaux de seiche viennent se glisser sous la fourchette, le riz est parfaitement cuit et d'excellente qualité. Verdict : on termine le plat, forcément, même si l'on n'a plus faim ! En dessert, tandis que mes compagnons s'essaient à un assortiment de tapas sucrés, je reste classique et choisis un délicieux manchego accompagné de pâte de coing. Le tout accompagné d'un Anima Negra, vin rouge de Majorque à la personnalité corsée, très ibérique. Trois cafés pour terminer en beauté, et nous laissons tranquillement s'étirer la fin de soirée... Le silence est revenu dans le restaurant et un air de guitare se fait enfin entendre. Nous sommes les derniers clients. Il faut dire que l'on avait réservé à 22h30 : samedi dernier, à Paris, c'était vraiment l'Espagne.

Demain matin, je pars en Espagne, pour de vrai cette fois. Direction San Sebastian pour l'enterrement de vie de garçon de mon plus vieil ami. Vous voyez, l'Espagne, on y revient toujours.

45 quai des Grands Augustins, Paris VI, M° Saint-Michel. 01 43 54 31 33.
Site web

Par Kaplan - Publié dans : Le resto
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Jeudi 18 juin 2009
Ne me demandez pas de quoi parle ce film... ça s'appelle Symbol, c'est réalisé et interprété par le comique japonais Hitoshi Matsumoto, et ça a l'air... tout simplement weird. Un peu plus d'infos par ici.

Par Kaplan - Publié dans : Le film
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Mercredi 17 juin 2009
Je n'ai pas parlé du fiasco Hadopi sur ce blog. D'autres que moi, et bien plus informés, en ont parlé sur la blogosphère. En ont commenté les lacunes, les contradictions, l'inadéquation avec les nouveaux modes de consommation de notre société, l'évolution des technologies et de l'économie des produits culturels. Je viens de lire aujourd'hui un billet intéressant qui reprend un article du Guardian mettant en parallèle le déclin de l'industrie du disque avec la montée en puissance du jeu vidéo. Tout cela me conforte assez dans l'idée que ce projet de loi est mal troussé, mal pensé, à rebours, et voué à l'échec. Il n'empêche que je reste sensible à la question du téléchargement, ou du moins du téléchargement illégal. Les pratiques de nos contemporains ne cessent de changer, d'évoluer, désormais en un clic gratuit, on a sur son PC un film qui ne sortira que dans 6 mois en France, ou bien l'intégrale de Michel Sardou. C'est facile, c'est rapide, c'est presque magique. Bref, c'est trop beau pour être vrai.

Entendons-nous bien. Moi je suis du genre libertaire / légaliste : en gros, chacun fait ce qu'il veut avec son cul, sa souris (ou le reste), chacun est responsable de ses actes, mène la vie qu'il veut tant qu'il n'empiète pas sur celle des autres ; toutes les lois ne sont pas faites pour être suivies aveuglément et si certains veulent les braver, qu'ils l'assument mais ne se cachent pas derrière de fausses excuses ; pour ma part, je suis plutôt du genre à marcher dans les clous, à faire la queue au guichet et à ne pas mentir sur mes revenus lorsqu'arrivent les impôts. Je suis les règles, la plupart du temps, même s'il m'arrive parfois de m'arranger avec elles, quand elles ne me conviennent pas tout à fait.

Personnellement, mes pratiques sont les suivantes : je ne télécharge jamais de film. Et je télécharge 100% de la musique que j'écoute. Cela fait des mois voire des années que je ne me suis pas déplacé pour acheter un CD. Je télécharge toute ma musique sur le net. Dont 99% légalement sur iTunes. C'est à la fois une question de principe et de goût personnel. Concernant les films, je suis resté assez vieux jeu et attaché à leur cycle de vie traditionnel : j'aime les découvrir au cinéma, sur grand écran, j'aime les acheter en DVD quand je les ai aimés et souhaite les revoir souvent, et je n'arrive tout simplement pas à regarder un screener dégueulasse ou une copie pirate sur mon écran d'ordi, juste pour me dire que je l'ai vu avant tout le monde, et gratuitement. Concernant la musique, je ne suis pas un grand consommateur et je m'accomode fort bien du système iTunes. Si j'ai entendu ou j'entends un extrait qui me plaît, je télécharge un titre ou un album en quelques secondes, pour une somme que j'estime raisonnable, tout ça sans bouger de chez moi, et sans braver la moindre règle. Certes, en arrêtant d'acheter des CD j'ai sans doute participé au déclin de l'industrie du disque. En revanche, je suis dans la légalité. Alors oui bien sûr, il m'arrive de regarder un épisode d'une série sur un site de streaming, il m'arrive de me faire prêter un film sur CD gravé dont je ne connais pas l'origine, il m'arrive d'incruster sur ce blog une chanson de Deezer ou une vidéo de Youtube dont je n'ai pas les droits. Je n'ai pas dit que j'étais un saint !

Finalement pour moi, la légalité n'est pas le fond du problème. Tout ce qui est illégal n'est pas forcément injuste, et inversement. Je ne doute pas que pour les artistes, notamment les plus "fragiles", le téléchargement illégal puisse être assimilé à du vol. Cependant, certains "gros" artistes qui viennent pleurer en accusant les internautes de tous les maux font preuve d'un culot monstre : la Terre a tourné sans eux, ils voudraient que tout reste comme avant... mais pour survivre, il faut savoir trouver les réponses appropriées à l'évolution des technologies et des moeurs. C'est valable pour les artistes, pour les industriels, pour les fournisseurs d'accès, et pour les pouvoirs publics. C'est à eux de trouver la meilleure façon de convaincre les consommateurs de télécharger les oeuvres légalement, de leur donner une offre riche, libre et variée, à un prix et à des conditions jugées raisonnables. Cela passe par des efforts technologiques, politiques, artistiques et communautaires, mais il en va de leur survie. Et c'est autrement plus excitant qu'Hadopi.

Ce qui me préoccupe avec la généralisation du téléchargement, a fortiori illégal, c'est l'évolution des comportements, du rapport aux oeuvres, en premier lieu chez les nouvelles générations : je vois de plus en plus de "jeunes" (comprendre : des gens qui ont 15 ans de moins que moins, bref, un gouffre...) télécharger des films à gogo, des mp3 par paquets de mille, sans se demander si c'est bien, mal, normal ou abusif. Ils trouvent que la musique et surtout le cinéma sont de toute façon "trop chers", alors ils n'ont "d'autre choix" que de télécharger. Soit. Je rétorque dans ces cas-là que quand j'étais étudiant, je n'étais pas riche non plus, mais le cinéma était ma passion, et quand je désirais vraiment voir un film, je ne trouvais jamais que la place était trop chère, et je me posais encore moins la question quand je sortais de la salle satisfait. Et comme je n'étais pas fortuné, cela m'obligeait à être sélectif dans mes choix : à décider mûrement de ce que je voulais voir en salle, au risque de me planter. Aujourd'hui, on assiste à l'émergence de comportements nouveaux, qui sont plus dans l'empilage que dans la sélection. Ce film me branche ? Je le downloade. Je le regarderai éventuellement plus tard. La qualité de l'image est pourrie ? Pas grave, c'est gratuit. Il ne me plaît pas ? Ben ça me gave, j'arrête. On est parfois dans des comportements qui sont plus proches de la boulimie que de la dégustation. On veut, on a, on prend, tout de suite. L'immédiateté est un vertige, un extraordinaire champ des possibles, mais quand tout est immédiat et toujours à portée de la main, on prend le risque de ne plus savourer, de ne plus faire l'effort d'apprécier. Or je ne suis pas certain qu'une oeuvre, une chanson, un film, soit comme n'importe quel produit lambda, ait vocation à être accessible sous n'importe quelle condition et toujours gratuitement. Ou alors mettons en place un système socialiste où l'accès à la culture est libre et gratuit pour tous ! (C'est beau de rêver...)

Je sais, ça fait un peu vieux con... et ça l'est sûrement. Ce n'est pourtant pas un discours de père-la-morale : cela vient au contraire de l'espoir que tout ne se réduise pas au plus petit dénominateur commun de l'hyperconsommation et de l'individualisme. Alors oui, les temps changent, les gens changent, il faut l'accepter. Et le téléchargement a ses bons effets. Il permet à quelqu'un vivant au fin fond de la Creuse ou de la Sibérie de trouver un film de Bergman ou un concerto de Mozart qu'il aurait eu un mal fou à trouver sans Internet... Ces cas de figure existent, certainement. Mais cela n'interdit pas de porter un regard parfois circonspect sur l'évolution des choses. A 33 ans, je suis d'une génération entre deux eaux : j'ai vu naître l'ordinateur personnel et le web, mais j'ai aussi connu le vynile, la télé noir et blanc et les premiers magnétoscopes VHS. J'ai connu la frustration d'attendre un an avant que mon film préféré sorte en vidéo, et le plaisir de pouvoir trouver un album que j'adore en 10 secondes et trois clics. Je crois mesurer la chance que j'ai de vivre dans une époque de haute technologie, avec ce que cela suppose de confort et de plaisir(s). J'aimerais juste que tout le monde fasse de même - et notamment le stagiaire à côté de moi, qui fanfaronne parce qu'il a vu Fast & Furious en qualité pourrie une semaine avant sa sortie. Cela s'appelle le civisme, je crois.
Par Kaplan - Publié dans : Ce que j'en dis...
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