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Vendredi 6 juin 2008

Chers amis et fidèles lecteurs, ceci est un avertissement et une mise en garde. Durant les trois prochaines semaines, ce blog va ressembler à un café du commerce. Il va sentir la bière et vibrer de sourdes humeurs viriles. Il va se colorer de bleu, blanc, rouge et résonner de cocoricos égosillés. Vous l'avez compris, ce blog va faire la part belle au Championnat d'Europe des Nations, qui débute demain en Suisse et en Autriche. Jusqu'au 29 juin, l'auteur de ces lignes va se transformer en fou vociférant, il va mettre lequipe.fr en page d'accueil de son navigateur (bon, ok, c'était déjà le cas...), il va ranger au placard ses vaines tentatives d'écriture politiques, culinaires, littéraires, cinématographiques ou autres, afin de se consacrer à son autre grande passion, celle qu'il ne s'efforce même plus de dissimuler derrière la façade du gendre idéal : le football.

L'Euro 2008, c'est 16 équipes, 368 joueurs, plus d'un million de billets vendus et deux millions de visiteurs attendus dans les deux pays organisateurs. C'est le rendez-vous incontournable des fans de ce sport et la compétition internationale la plus relevée car, exceptés le Brésil, l'Argentine et l'Angleterre (qui n'est pas parvenue à se qualifier), les meilleures sélections du monde sont en lice. Parmi elles, évidemment, l'Equipe de France a une belle carte à jouer : portée par les vétérans de la campagne de 2006 et boostée par une nouvelle génération pleine de promesses, la formation de Raymond Domenech a les moyens de remporter le trophée une troisième fois, après les succès de 1984 et 2000. Mais les obstacles sont nombreux : dans leur groupe C, les Bleus devront affronter la Roumanie, les Pays-Bas et l'Italie, trois "gros clients" qui vendront chèrement leur peau. Et s'ils s'en sortent, ils trouveront sur leur chemin des équipes comme l'Espagne, le Portugal ou l'Allemagne, bref, du costaud.

Début des hostilités demain 7 juin, et entrée en scène de la France lundi 9 juin, face à la Roumanie. A nous les cris, les chants, les embrassades et les pleurs. A nous la régression pathétique de l'homme moderne. A nous la victoire, de préférence, ou la défaite, le plus tard possible. Et comme le veut l'expression consacrée, allez les Bleus.

PS : J'en vois d'ici qui se demandent comment Mrs Kaplan va faire pour supporter ces trois semaines de barbarie... Un début de réponse ici.
par Kaplan publié dans : Le match
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Mercredi 4 juin 2008

En dépassant hier, lors des deux primaires du Montana et du Dakota du Sud, la barre fatidique des 2118 délégués requis pour son intronisation, Barack Obama a gagné le droit de représenter le Parti Démocrate dans la course à la Maison Blanche. Bien que sa rivale Hillary Clinton ait pour l'instant refusé de reconnaître sa défaite (que ce soit dans l'espoir de tenter une procédure de rattrapage ou dans l'intention de négocier son retrait en briguant un ticket de vice-présidente), il semble que les jeux sont faits. Ce n'est plus qu'une question d'heures ou de jours avant que Barack Obama, 46 ans, devienne officiellement le premier candidat noir à l'élection présidentielle américaine. Il affrontera le champion républicain, John McCain, 71 ans et vétéran du Viêtnam, jusqu'au scrutin de novembre prochain.

S'il gagne, Barack Obama tournera d'un coup une page énorme de l'histoire politique américaine, et occidentale. Plus qu'un président afro-américain, il sera un président métis né de père africain, jeune, relativement neuf en politique, davantage en prise avec le monde qu'avec les rednecks dont il a tant de mal à s'attirer la sympathie. Il sera le premier dirigeant de couleur d'une grande puissance occidentale. Mais aussi celui qui mettra fin à plus de vingt ans de pouvoir aux mains des Bush et des Clinton (presque trente en fait, si l'on compte les années de Bush père aux côtés de Reagan). Une nouvelle génération, une nouvelle voix. Voilà qui est particulièrement réjouissant venant de la "plus grande démocratie du monde", tellement ternie après huit ans de George W. Bush aux manettes.

La politique ne doit jamais nous faire complètement désespérer, en voici la preuve. "Change" est le grand slogan de la campagne d'Obama, et sans forcément croire aux miracles ou aux contes de fée, du changement, on peut en espérer. Sans vouloir à tout prix comparer la chose avec ce qui se passe en France, il se trouve que nous avons, depuis plus d'un an, un président qui se veut celui de la "rupture". Est-ce que le changement, tout simplement, ce n'est pas mieux au fond ?
Mais la leçon à tirer de cela, à vif, sans présumer de ce que sera le bilan d'Obama si d'aventure il est élu, c'est l'incroyable sentiment de vitalité et d'espoir que peut susciter un homme (apparemment) intègre, digne, droit, respectueux, rassembleur, civilisé. Nous avons besoin d'être tirés vers le haut, et c'est un peu l'impression qu'Obama donne, de ce côté-ci de l'Atlantique. J'aspire à voir la même chose sur la scène politique française. Un homme, ou une femme, qui nous tirera vers le haut, par son discours et ses actes. Du côté de l'Elysée, personnellement, je ne vois rien de tel. Et à voir la foire d'empoigne qui sévit au PS, entre guerres de personnes et hésitations idéologiques et sémantiques (du style "je suis socialiste et libéral", WTF ???), ça ne va pas venir tout de suite de notre gauche. Patience, patience, tout finit par arriver. Même au pays de George W. Bush. Alors pourquoi pas chez nous ?
par Kaplan publié dans : L'info
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Mardi 3 juin 2008
Il y a sans doute eu un certain nombre de romans qui ont abordé le traumatisme du 11 septembre mais peu d'entre eux, à ma connaissance, ont été reçus avec autant d'éloges que L'Homme qui tombe de Don DeLillo. C'est ce qui m'a donné envie d'aller à la rencontre de cet auteur que beaucoup considèrent comme l'un des plus brillants de la littérature américaine actuelle. Quelques heures seulement après avoir refermé le livre, je dois dire que je suis en pleine confusion. Mais en l'occurrence, c'est peut-être le sentiment approprié.

L'Homme qui tombe s'intéresse aux répercussions des attentats du World Trade Center sur une poignée de personnages new-yorkais dont le "noyau" (noyau éclaté, fissuré, malmené) est un couple en instance de séparation au moment des faits.
Miraculeusement rescapé de l'attentat, Keith opère un rapprochement avec sa femme Lianne et son fils Justin. Mais profondément bouleversé par ce qu'il a vécu, il va s'avérer incapable de revenir dans la "vraie vie", comme si une part de lui, une part vivante, était restée dans les tours effondrées. Il va entamer une liaison avec une autre rescapée, comme on se raccroche à une bouée de sauvetage sans trop savoir où le courant va nous emporter. Il va, enfin, se jeter à corps perdu dans d'interminables tournois de poker, s'oubliant lui-même au gré du rythme répétitif des mises, des cartes qui s'abattent et des jetons qui s'empilent, au milieu de joueurs anonymes dans des lieux sans passé.
Pendant ce temps, sa femme Lianne partage son temps entre un groupe de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et sa mère à la santé défaillante. Enfin leur fils Justin, étrangement mutique, semble s'isoler dans un monde imaginaire où il scrute le ciel à longueur de temps, persuadé que de nouveaux avions vont venir s'écraser sur la ville. Autour de ce trio gravitent quelques personnages aux contours plus ou moins nets, comme l'amant de la mère de Lianne, énigmatique marchand d'art européen dont la voix lasse résonne comme une "mauvaise conscience" aux oreilles de l'Amérique ; Florence, la maîtresse de Keith ; où le fameux "homme qui tombe", artiste de rue qui se suspend en hauteur pour simuler une chute dans différents endroits de New York.

Ce que Don DeLillo nous donne à voir, à travers cette mosaïque de personnages dont les lignes de vie ont toutes été brisées, c'est un monde en proie à la confusion. Où les faux-semblants n'ont plus lieu d'être là où la mort a frappé, où les émotions s'entrechoquent comme dans un maelstrom, où ce que l'on appelait jusqu'ici la vie devient finalement du sursis. Un monde où le simple fait d'écouter des chants orientaux provoque l'animosité de vos voisins, et où des enfants mal informés prennent Ben Laden pour un croquemitaine. Cette confusion, Don DeLillo arrive à nous la transmettre grâce à une écriture qui est comme suspendue, avec des dialogues à mots couverts, des scènes qui ne sont que des transitions. Les protagonistes n'ont plus de but, ils ne sont que de passage. On en ressort avec un certain trouble, trouble renforcé par l'introduction inopinée du point de vue des terroristes : comme si l'auteur voulait souligner qu'en dehors de la réalité brisée de ses personnages, il y a une autre réalité, celle d'hommes prêts à mourir pour assouvir leur fanatisme ou leur colère. Deux mondes à part, qui se rencontrent dans la douleur.

L'Homme qui tombe m'a laissé ce sentiment confus et amer d'un roman désabusé, comme en deuil. Si je devais en dégager un thème, ce serait celui-là : tout finit par s'effondrer. L'innocence, les histoires d'amour, les passions, la mémoire, la jeunesse, la santé, la confiance. Tout s'effondre un jour. Comme les tours de nos empires d'argile.
par Kaplan publié dans : Le livre
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Lundi 2 juin 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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Jeudi 29 mai 2008
Petite forme pour le Blog de Kaplan en ce moment. L'auteur a du mal à recharger ses batteries (séquelles du séjour cannois ? Disons, à mettre plutôt sur les deux seules petites semaines de vacances en un an...) Et surtout, avec quatre articles à boucler en quatre jours pour son "vrai boulot", il n'a guère eu le temps d'écrire des choses cette semaine sur son blog. Et en plus il se met à parler de lui à la troisième personne comme Alain Delon, ça commence à aller mal.

Et puis bon, y en a marre de ce temps de chien, de cette ambiance morose à Paris, de ce métro bondé, de cette sinistrose franchouillarde. Des envies d'ailleurs se font sentir. Des envies de soleil, de plage, de cris de mouettes, de terrasses lumineuses, de repas arrosés, de massages langoureux et de siestes crapuleuses sous les persiennes. Ce week-end, direction la Bretagne pour un mariage sur une île. Je ne sais pas si le soleil sera au rendez-vous, mais pour un bon bol d'air frais, il n'y a rien de tel. Alors reprise des affaires la semaine prochaine, en pleine forme bien sûr.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Mardi 27 mai 2008
La meilleure manière de rendre hommage à Sydney Pollack, réalisateur de Jeremiah Johnson, de Nos Plus Belles Années, des Trois Jours du Condor, de Tootsie, ou encore de La Firme, c'est encore de passer un extrait d'un de ses films. Il est mort hier à 73 ans. Et ça, c'est un passage de Out of Africa.


par Kaplan publié dans : L'info
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Lundi 26 mai 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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