J'adore les titres à rallonge, pas vous ? Bon en tout cas je vous promets que ce post ne sera pas à rallonge. Enfin, pas trop.
Je n'ai jamais vraiment été un fan de
Star Trek. N'ayant pas grandi avec la série originale (je ne suis pas
si vieux que ça !), je l'ai toujours trouvée gentiment kitsch, avec ses
héros en pyjamas bondissant de planète en planète pour affronter des
aliens à peau bleue ou à pseudopode frontal (oui je viens de l'inventer). Tout comme je suis passé au travers des
diverses déclinaisons de la série,
Générations, Voyager, Deep Space 9 et autres
Enterprise... Pareil pour les films : étant un enfant de
Star Wars, je les ai
toujours trouvés plutôt
cheap et poussifs, avec leurs enjeux abracadabrantesques (
"mais on ne peut pas envoyer ce détonateur à protons dans cette supernova, sinon cela pourrait générer
un trou noir inversé à contraction multiplanique !") et leurs méchants aux faux airs shakespeariens (
"ah ! ah ! ah ! bientôt l'univers tout entier m'appellera Maître Vénéré !") Même
Wrath of Khan, qui jouit chez les geeks du monde entier d'un statut culte, ne m'a jamais vraiment bouleversé - faudrait peut-être que je le revoie...
A priori donc, je n'attendais pas ce nouveau
Star Trek avec une folle impatience. Mais petit à petit, je me suis vu intrigué. Par la personnalité de JJ Abrams, qui loin de m'avoir épaté
avec ses films précédents (
Mission Impossible 3, Cloverfield), sait transmettre son enthousiasme pour ses projets. Par son objectif de rebooter la saga avec une nouvelle équipe, une
nouvelle ambition, tout en revenant aux personnages originaux. Par les différentes bandes-annonces, qui faisaient plutôt bien monter la sauce. Et par le
buzz ultra positif qui venait des
Etats-Unis après les premières projos. Finalement, tout ça a fini par me donner envie.
Je suis donc allé juger sur pièce. Et le verdict est : pppfffff. Franchement pas emballé. Pas dégoûté non plus, mais il n'y a vraiment pas de quoi sauter au plafond. Côté réalisation, au vu de la
bande-annonce je m'attendais à quelque chose d'épique, ambitieux, j'ai trouvé ça cruellement plat. JJ Abrams vient de la télé et ça commence à se voir : ni ses cadrages, ni ses mouvements de caméra
ne transmettent le moindre souffle, le moindre frisson. Les décors et effets spéciaux sont
"OK, I guess", comme dit là-bas. Mais c'est surtout au niveau scénario que l'affaire cloche :
l'introduction des personnages, qui essaie pourtant de jouer avec la "légende" des héros originaux, est assez calamiteuse (la façon dont Kirk est enrôlé dans Starfleet ou monte à bord de
l'Enterprise...), les coïncidences donnent envie de mordre le bras du voisin (
"quoi ? vous ici Monsieur Spock ? sur 14 millions de millards de planètes dans l'univers ?"), l'intigue
spatio-temporelle est gentiment capillotractée (mais bon, ça encore, ça passe, c'est
Star Trek...), certaines scènes qui se veulent dramatiques tombent mollement à plat (le père de Kirk,
la mère de Spock), et le
climax est encore moins excitant qu'un épisode de
T.J. Hooker (fallait bien que je fasse référence à Shatner, le grand absent de ce reboot).
J'ai l'air dur comme ça, mais il y a pourtant des choses à sauver dans ce
Star Trek. Le casting, d'abord : les acteurs sont tous impeccables. Surtout Zachary Quinto en jeune Spock,
haussement de sourcil et tout. Même Chris Pine, dont je craignais qu'il fasse trop "quarterback vedette du campus", retrouve l'assurance goguenarde du William Shatner d'autrefois. Leonard Nimoy,
rides et cheveux blancs : classe. Zoe Saldana, minijupe intergalactique et courbes supersoniques : argh. Ensuite, malgré ses défauts et ses limites, ce
Star Trek suscite la sympathie,
parce que l'on sent qu'il a été fait pour le fun, avec l'envie de s'amuser, de se faire plaisir, d'embrasser même à bras-le-corps les aspects les plus
cheesy de la série originale. Et
finalement, quand surgit à la toute fin la voix de Monsieur Spock et le célèbre thème d'Alexander Courage, on se dit qu'avec un peu d'effort, la suite pourrait être pas mal.
En salles depuis le 6 mai 2009.