Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rubriques

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Mardi 1 avril 2008

Les films de Wes Anderson sont comme des poupées russes. Etrangement ressemblants, souvent parés de couleurs vives et de charmes exotiques, ils semblent se décliner à l'infini, chacun étant une variante du précédent, avec des détails différents et des formes nouvelles. The Darjeeling Limited, cinquième long-métrage du réalisateur, ne déroge pas à la règle. On est bien face à une nouvelle poupée, un nouvel univers miniature, qui dresse de nombreuses passerelles avec ses prédécesseurs, tout en se suffisant à lui-même, petite pièce d'orfèvrerie unique et délicate. Cette poupée-ci, que nous dit-elle ? Elle nous embarque vers une Inde fantasmée, à bord d'un train incroyable où trois frères ont décidé de se retrouver pour renouer les liens qui se sont distendus depuis la mort de leur père. Le voyage se veut spirituel, mais avec ces trois énergumènes aux vies cabossées, cela s'annonce compliqué.

Mais revenons aux passerelles. Aux poupées russes... Le casting tout d'abord : Owen Wilson, Jason Schwartzman, Anjelica Huston, Walis Ahluwalia et même Bill Murray, tous des habitués de la filmographie d'Anderson, sont de la partie (signalons au passage l'arrivée très remarquée d'un petit nouveau, Adrien Brody, qui dévoile ici des talents comiques réjouissants). Les thématiques bien sûr : de La Famille Tenenbaum à La Vie Aquatique, et dans une moindre mesure, même dans Rushmore (j'avoue ne pas avoir vu Bottle Rocket, le "grand frère" de toutes ces oeuvres), on retrouve dans les films de Wes Anderson une obsession récurrente pour les personnages légèrement en marge, les familles boiteuses, les pères et les mères absents ou fautifs, les enfants délaissés, les fratries déchirées - toujours sur le mode de la fantaisie décalée, du spleen amusé - mais on retrouve aussi une certaine obsession pour le deuil. La mort est souvent présente, qui rode ou qui pèse sur les épaules des personnages : la mort d'un fils, la mort d'un père, la mort d'un ami. Le style enfin : il y a une "signature" Wes Anderson, reconnaissable entre mille, avec ses cadrages en cinémascope, son usage des focales courtes, ses ralentis élégants, ses bandes-originales soignées (celle de Darjeeling ne fait pas exception, qui passe des Kinks à la musique indienne et de  Debussy à Joe Dassin dans un même élan), son souci des costumes et des accessoires (mention spéciale ici aux créations de Louis Vuitton), ses sorties de route narratives qui font de ses films des sortes de digressions permanentes, et enfin ses gimmicks (la grande maison des Tenenbaum, le sous-marin de La Vie Aquatique, le train du Darjeeling... le requin géant de La Vie Aquatique, le tigre mangeur d'hommes du Darjeeling... on a souvent encore un pied en enfance chez Anderson).

Bref, chez ce réalisateur, tout se tient, tout s'emboîte, tout s'équilibre, comme dans une pièce montée ou une maquette méticuleusement agencée, pleine de détails foutraques et parfois inutiles, mais fascinante comme un monde qui tiendrait dans une valise. La valise du Darjeeling Limited est siglée Vuitton, mais elle déborde d'épices, de vents chauds, de plumes de paon et de serpents venimeux. Elle est aussi pleine de tendresse, de nostalgie et d'amours fugaces. C'est sans doute la plus jolie, la plus précieuse des poupées russes de Wes Anderson. Elle est en prime accompagnée d'un court-métrage, Hôtel Chevalier, séduisant prélude parisien à ce voyage en orient. Alors n'hésitez pas, montez à bord.


Les poupées russes, Cédric Klapisch en connaît aussi un rayon à leur sujet. Non seulement il en avait fait le titre et la symbolique de son film précédent, mais il en adopte aussi, de film en film, la logique répétitive. Cinéaste inégal mais aimable, Klapisch est sans contestation possible, très doué pour capter l'air du temps. Ce qui fait battre le coeur de ses contemporains, ce qui leur pourrit l'existence, ce qui les bloque ou les libère, il essaie à chaque film ou presque de le saisir au vol et parvient souvent à le convertir en message aisément fédérateur.

Après des Poupées Russes qui s'intéressaient aux affres sentimentales et existentielles des trentenaires, voici un Paris qui élargit le spectre (on embrasse ici une galerie de personnages allant des étudiants aux quinquagénaires) mais resserre le zoom (on passe des pérégrinations européennes du film précédent à une série de chassés-croisés parisiens, exception faite d'un détour par l'Afrique). En prenant le parti de passer d'un personnage à l'autre pour dresser une sorte de "carte du tendre" de notre époque, la capitale faisant ici office de grande machine à brasser les destins, Klapisch réalise un film mosaïque - ou si l'on préfère, un film poupées russes, chaque personnage pouvant contenir le suivant, et inversement. Ces poupées russes qui se déclinent, elles déclinent aussi les thèmes chers au réalisateur (l'ouverture à l'autre, la mixité, le croisement des genres, des peuples, des classes sociales), autant de thèmes qui au final pourraient se résumer à un seul : vis ta vie, à chaque seconde, à fond, tant que tu le peux.

Ce message auquel chacun pourra s'identifier, enfin je l'espère, Cédric Klapisch l'assène avec plus ou moins d'adresse, la structure même de son film faisant la part belle à certaines histoires plutôt qu'à d'autres. Ainsi Romain Duris et Juliette Binoche, magnifiques frère et soeur, forment le coeur irréfutable de l'ensemble, au détriment, par exemple, de Karin Viard, Mélanie Laurent ou François Cluzet, dont les parties restent franchement inabouties. Il en résulte un film bancal, forcément sympathique, mais qui laisse comme un goût d'inachevé. Cela dit Paris, au fond, ce n'est jamais fini...

A bord du Darjeeling Limited, en salles depuis le 19 mars.
Paris, en salles depuis le 20 février.

par Kaplan publié dans : Le film
ajouter un commentaire commentaires (0)   

Lundi 31 mars 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
ajouter un commentaire commentaires (0)   

Jeudi 27 mars 2008
newsmlmmd.5c5354b4f2cd77dd503e9bbed3b852ff.6912b.jpg ... ou plutôt "c'est bon pour la morale", en Frank Ribéry dans le texte, d'après les excellents Cahiers du Football.
N'ayant pas eu le privilège d'assister à l'interview télévisée d'après-match parce que j'étais au Stade de France hier soir, je suis obligé de les croire sur parole. Mais compte tenu des envolées habituelles du ch'ti de Boulogne-sur-Mer, ce n'est pas bien difficile à imaginer. Alors oui, Frank Ribéry ce n'est pas un as de la prise de parole en public, mais balle au pied, c'est tout de même autre chose ! Heureusement qu'il était là pour injecter sa détermination et son énergie dans ce match amical moribond où nos amis anglais, qui n'avaient rien à perdre et tout à gagner, ont mis le pied sur le ballon avec application... jusqu'à ce qu'ils se fassent assomer sur un pénalty gagné, contre le cours du jeu, par un Anelka extrêmement remuant et transformé par un Ribéry décidément providentiel. Ces deux-là seront à n'en pas douter d'incontournables "patrons" dans les rendez-vous à venir. On ne peut que s'en réjouir.

La patine rutilante de cette rencontre de grand standing (décidement, entre la France et l'Angleterre, c'est le grand amour en ce moment) s'est vue bien sûr obscurcie par la tristesse qui a entouré l'hommage à Thierry Gilardi et la minute de silence qui l'a suivi. So long...

Pour le reste, les Bleus ont livré une copie propre mais sans grand éclat. Il faut dire qu'à quelques semaines des grosses échéances (fins de championnats, coupes diverses, Ligue des Champions, Euro), on comprend que les joueurs se réservent. Quelques interrogations subsistent néanmoins : sur Trezeguet, bien sûr, encore inexistant hier. Sur Malouda et Abidal, à cours de forme, mais que Raymond Domenech s'entête à aligner (pourquoi ne pas avoir fait entrer Evra en deuxième période ?) Et sur ce terrible "manque de réalisme" qui empêche les joueurs français de la mettre au fond, même après des séquences de jeu étincelantes.

Quant aux Anglais, qui essaient de se "reconstruire" sous l'autorité de Fabio Capello, ils ont montré de jolies choses mais peinent encore à trouver une véritable identité collective. Dommage quand on a dans son équipe des joueurs aussi brillants que Joe Cole, John Terry, Wayne Rooney, Steven Gerrard ou David Beckham. Un Beckham qui fêtait hier soir sa 100ème sélection, et qui reste, qu'on le veuille ou non, un joueur charismatique, volontaire, au coup de patte millimétré. C'était un vrai plaisir de le voir "en vrai" (l'occasion ne risque pas de se représenter de sitôt) et l'ovation que lui a réservée le public du Stade de France était méritée.

Concernant ce public du Stade de France, pour moi qui commence à être un habitué des lieux, l'énigme demeure. Comment ces "supporters" peuvent-ils déclencher une ola au bout de dix minutes alors qu'il ne se passe rien sur la pelouse ? Comment peuvent-ils siffler leurs propres joueurs (Cissé, Govou) lorsqu'ils entrent sur le terrain ? Comment peuvent-ils houspiller leur équipe lorsqu'elle peine à remonter sous le pressing adverse ? Comment peuvent-ils huer les supporters d'en face alors que ceux-ci sont les seuls à chanter, même lorsque leur équipe est dominée ? Les Anglais, qui ont une "vraie" culture du foot et qui ont l'habitude d'occuper des stades, des vrais, ont certainement dû se pincer devant le spectacle consternant, qui à bien des égards, était autant dans les tribunes que sur le terrain. On dit parfois que le foot rend con. C'est vrai. Mais le pire, c'est peut-être quand les cons en question ne sont même pas des amateurs de foot.
par Kaplan publié dans : Le match
ajouter un commentaire commentaires (3)   

Mardi 25 mars 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
ajouter un commentaire commentaires (0)   

Vendredi 21 mars 2008
Week-end pascal oblige, me voilà prêt à prendre la poudre d'escampette pour trois jours et à fuir le tumulte parisien pour des contrées plus apaisées. Un saut de TGV et à moi le Sud-ouest, mon beau pays gascon, cette terre d'art de vivre qui se pelotonne au sud de la Garonne. Le climat ne devrait pas être plus clément que sur le reste de la France, mais qu'importe. J'entends déjà le babillage matinal des oiseaux, je sens déjà l'odeur des fleurs naissantes et de l'herbe rincée par la pluie, je vois déjà la lumière ouatée des fins d'après-midi paresseuses où l'hiver s'accroche un peu aux basques d'un printemps encore timide. Je guette avec gourmandise les apéritifs enflammés (les élections sont encore fraîches...), les grands repas en famille et les promenades dans les bois. Il y aura à coup sûr de belles et bonnes choses à savourer, de bons moments à partager, et peut-être même, qui sait, quelques feux de cheminée pour se laisser gagner par une torpeur réparatrice. Bref, vous l'aurez compris, ces trois jours, je vais les dévorer. Bon week-end à tous.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
ajouter un commentaire commentaires (2)   

Jeudi 20 mars 2008

A défaut de pouvoir aller au cinéma (et pourtant, il y en a, des films que j'ai envie de voir ! Gondry, Klapisch, Claudel, Wes Anderson, et j'en passe...) je me contenterai pour l'instant de parler de cinéma, et en particulier d'un film qui s'annonce comme l'une des meilleures comédies de l'année. Non, je ne parle pas de Bienvenue chez les Ch'tis (tiens, il n'est pas sur ma wish list, celui-là...) mais de Tropic Thunder, un film signé Ben Stiller et réunissant un casting alléchant : Stiller lui-même, Jack Black, Robert Downey Jr, Steve Coogan, Nick Nolte, et même, murmure-t-on (SPOILER !), Tom Cruise dans un caméo très surprenant. L'histoire : une bande d'acteurs tous plus ou moins azimutés doit participer à un film sur la guerre du Vietnam. Le tournage en Asie, compliqué dès l'origine par les crises d'ego des différentes stars, dérape totalement lorsque des rebelles armés les prennent vraiment pour des soldats américains et les kidnappent. A la fois comédie d'action et satire hollywoodienne (Robert Downey Jr a l'air carrément génial en "method actor" métamorphosé en black pour les besoins de son rôle), ce projet semble prouver qu'on peut produire une comédie à très gros budget, avec de très grosses stars, et être quand même D-R-Ô-L-E. Reçu, Asterix ? On jugera sur pièce fin août aux Etats-Unis, et mi-octobre en France. En attendant, voici la bande-annonce...

 

par Kaplan publié dans : Le film
ajouter un commentaire commentaires (1)   

Mercredi 19 mars 2008
Dure, dure semaine. Beaucoup de boulot la journée, des soirées assez animées, et du coup, peu de temps à consacrer au blog... Alors si je prends quelques minutes pour écrire ces deux, trois mots, c'est pour donner un dernier coup de chapeau au réalisateur britannique Anthony Minghella, qui s'est éteint hier à l'âge de 54 ans. D'aucuns auront sans doute noté le penchant régulier de ce blog à se transformer en rubrique nécrologique... Mais que voulez-vous, je suis ainsi, j'aime rendre hommage aux artistes dont la disparition m'attriste. Minghella était un cinéaste dont j'appréciais l'oeuvre délicate, subtile, nuancée, souvent épique et intime, et indéniablement nourrie de musique, de peinture, de littérature...

A titre personnel, deux de ses films, Le Patient Anglais et Le Talentueux Monsieur Ripley, en plus d'être à mon avis des oeuvres magnifiques, ont coïncidé avec des épisodes importants de ma vie. La façon dont des films, des musiques ou des livres peuvent parfois s'imprimer sur votre carte intime est vraiment troublante... J'ai eu le plaisir de voir M. Minghella en chair et en os, il y a un an tout juste, lors d'une cérémonie de remise de prix organisée par la presse cinéma. De passage à Paris pour faire la promo de son dernier film, Par Effraction, il était venu recevoir une récompense pour l'ensemble de sa carrière. Il m'avait donné l'impression d'être un homme raffiné, réservé et humble. La cérémonie était précédée d'un concert du compositeur Gabriel Yared, qui a signé plusieurs musiques de films pour Anthony Minghella, notamment celle, oscarisée, du Patient Anglais. En voici l'ouverture : peut-être reverrez vous les images d'un avion survolant le désert, avec à son bord une femme mourrante, dont l'écharpe blanche flotte au vent... Une belle image de cinéma.

free music
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus