Jeudi 26 juin 2008
Quand, mais quand va-t-on abandonner cette sale habitude, ce mal tellement français, ce "fait du prince" qui autorise les élus de la République, qui sont en poste parce qu'ils ont recueilli nos
voix (ou du moins la majorité de nos voix), qui sont à notre service et qui l'oublient trop souvent, à mettre leur nez dans des affaires qui ne devraient pas les concerner ? Quand
cesseront-ils de vouloir tout contrôler, tout diriger, tout cloisonner, notamment dans le domaine de l'information et de l'économie ? Aura-t-on un jour des médias libres et indépendants, dégagés
des accointances politiques et des consanguinités financières ? De Gaulle, Mitterrand, Chirac, chacun en son temps a usé et abusé de son influence régalienne, donné ses directives et placé ses
pions sur l'échiquier médiatique. Mais que penser des manoeuvres trop voyantes que le "président de la rupture" est en train d'opérer actuellement ?
Bolloré, Lagardère, TF1, Le Figaro, Paris Match... Nicolas Sarkozy avait déjà des copains à tous les étages. Voici que le projet de réforme de France Télévisions s'apparente à un remake de "main basse sur la ville", une véritable opération commando en deux temps : primo, prendre le contrôle sur la désignation des équipes dirigeantes ; secundo, saigner financièrement le service public audiovisuel pour l'empêcher encore mieux d'atteindre ses objectifs, tout en réservant en coulisse plus de recettes publicitaires aux opérateurs privés. Certes, on pourra toujours dire qu'en dégageant le service public de toute dépendance à la pub, on lui donne la possibilité de créer des programmes plus qualitatifs (mais avec quel argent ?) Certes, on pourra toujours dire que la nomination du président de France Télévisions n'était pas beaucoup plus transparente jusqu'à présent, puisque le CSA est de toute façon composé en fonction de la couleur politique dominante du moment... Nicolas Sarkozy, fidèle à son registre du "bon sens près de chez vous", résout la question en mettant en place un système qui se veut plus "transparent" : en gros, c'est l'Elysée qui désignera le président de France Télévisions. En fait de transparence, ce futur système est clair comme de l'eau de roche : l'audiovisuel public sera désormais à la botte des majorités politiques successives (parce qu'à n'en pas douter, le problème sera excatement le même si la gauche revient au pouvoir), et son financement réduit ne lui permettra même plus de remplir correctement sa mission, à savoir informer, instruire et divertir avec qualité. TF1 était déjà à quatre pattes (et je ne dis pas ça en référence à Laurence Ferrari), France Télévisions sera bientôt à genoux. Sale temps pour les médias, décidément.
Voir l'édito du Monde
Voir la polémique qui fait rage
Voir l'édito de Libé
Et ça fait encore rage
En cadeau, le Blog de Kaplan t'offre le Rapport de la Commission Copé !
Bolloré, Lagardère, TF1, Le Figaro, Paris Match... Nicolas Sarkozy avait déjà des copains à tous les étages. Voici que le projet de réforme de France Télévisions s'apparente à un remake de "main basse sur la ville", une véritable opération commando en deux temps : primo, prendre le contrôle sur la désignation des équipes dirigeantes ; secundo, saigner financièrement le service public audiovisuel pour l'empêcher encore mieux d'atteindre ses objectifs, tout en réservant en coulisse plus de recettes publicitaires aux opérateurs privés. Certes, on pourra toujours dire qu'en dégageant le service public de toute dépendance à la pub, on lui donne la possibilité de créer des programmes plus qualitatifs (mais avec quel argent ?) Certes, on pourra toujours dire que la nomination du président de France Télévisions n'était pas beaucoup plus transparente jusqu'à présent, puisque le CSA est de toute façon composé en fonction de la couleur politique dominante du moment... Nicolas Sarkozy, fidèle à son registre du "bon sens près de chez vous", résout la question en mettant en place un système qui se veut plus "transparent" : en gros, c'est l'Elysée qui désignera le président de France Télévisions. En fait de transparence, ce futur système est clair comme de l'eau de roche : l'audiovisuel public sera désormais à la botte des majorités politiques successives (parce qu'à n'en pas douter, le problème sera excatement le même si la gauche revient au pouvoir), et son financement réduit ne lui permettra même plus de remplir correctement sa mission, à savoir informer, instruire et divertir avec qualité. TF1 était déjà à quatre pattes (et je ne dis pas ça en référence à Laurence Ferrari), France Télévisions sera bientôt à genoux. Sale temps pour les médias, décidément.
Voir l'édito du Monde
Voir la polémique qui fait rage
Voir l'édito de Libé
Et ça fait encore rage
En cadeau, le Blog de Kaplan t'offre le Rapport de la Commission Copé !
