Recherche

Calendrier

Janvier 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rubriques

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Jeudi 31 janvier 2008
Deuxième post de la journée, c'est le festival Kaplan en ce moment.

Juste pour vous faire partager ce blog que je viens de découvrir, très sympa, très élégant, très intéressant : le journal gastronomique et gourmand d'une Française vivant à New York. Moi, ça me donne envie d'y retourner... après toutes ces années... Allez hop, dans mes liens !

http://delicatesseny.typepad.fr
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
ajouter un commentaire commentaires (2)   

Jeudi 31 janvier 2008
Juno.jpg
Joli petit film que ce Juno qui a récolté plusieurs nominations aux prochains oscars, et que j'ai eu le plaisir de voir en projection de presse cette semaine. On pourrait évoquer une parenté avec Little Miss Sunshine, pour son ton sensible, drôle et triste à la fois, pour son évocation pleine d'empathie de personnages anti-glamour et cabossés vivotant dans une Amérique bis. La ressemblance entre les deux films s'étend même à la conclusion un peu (trop ?) sage, qui amène in fine ses héros frappadingues à rentrer dans le rang de la normalité (vive la famille dans Little Miss Sunshine, non à l'avortement dans Juno). Je n'irai pas jusqu'à dire que le fond de sauce est réac, mais en tout cas, cela reste socialement convenable, et rassurant pour le spectateur. Bref, inoffensif sous des dehors un peu provocateurs.

Anyway. Là n'est pas le propos. Comme Little Miss Sunshine, le but de Juno n'est pas tant de bousculer les convenances que de créer du sentiment. Et il y parvient. L'histoire en deux mots : Juno McGuff a seize ans, et elle est enceinte. Un écart sans protection avec son amoureux transi de Bleeker, grand échalas sportif et mélancolique, et la voilà avec un polichinelle dans le tiroir. L'affaire ne la traumatise pas plus que ça - pas plus que l'idée de se faire avorter. Elle s'organise, puis se ravise, et décide de garder l'enfant pour le faire adopter. Le film nous fait partager les neuf mois de grossesse de Juno, ses relations avec ses parents, ses amis, et avec le couple qu'elle a choisi pour élever son enfant. Plein d'humour tendre et de réparties croustillantes, le film est porté à bout de bras par la jeune Ellen Page, petite femme gouailleuse et dure à cuire, qui compose avec son boyfriend un duo aux antipodes des stéréotypes adolescents. Souvent touchant, drôle, léger et parfois grave, Juno évoque avec tact certaines douleurs de la jeunesse, et certaines peines de l'âge adulte. Pas facile de vivre avec son âge...

Sortie le 6 février.
par Kaplan publié dans : Le film
ajouter un commentaire commentaires (8)   

Mardi 29 janvier 2008
J'aurai tout de même attendu d'avoir presque 32 ans pour lire Proust. Ma boulimie de littérature étant somme toute tardive, après une longue parenthèse étudiante passée à lire quasi exclusivement des bouquins d'histoire ou de cinéma, je m'efforce de combler tant bien que mal mes lacunes en découvrant, aujourd'hui seulement, des auteurs de légende. Comme ce bon vieux Marcel. Bien sûr, il y a beaucoup de gens qui n'ont jamais lu, qui ne liront jamais Proust. Mais moi qui me nourris de livres, je ne pouvais pas continuer à éviter sciemment ce monument. Je me suis donc attaqué à La Recherche du Temps Perdu. Et plutôt que de monument, c'est de pélerinage que je devrais parler. Oui, s'attaquer au chef-d'oeuvre de Proust, c'est comme accomplir un pélerinage. Mais pas un pélerinage pépère, genre le nez levé dans la Chapelle Sixtine ! Non, plutôt le pélerinage à la dure, où l'on finit à genoux comme quand on se rend à Fatima.

A la Recherche du Temps Perdu, donc. Son premier tome du moins : Du Côté de chez Swann. Rien à voir avec la chanson de Dave. Un roman sans histoire, une suite d'impressions issues des souvenirs et de l'imaginaire de Marcel Proust, qui est ici auteur, narrateur décalé et protagoniste à mi-temps. Quatre-cents pages pour évoquer trois fois rien, des sentiments, des émotions, des douleurs d'enfant et des frustrations d'homme. Quatre-cents pages pour dépeindre des souvenirs lointains de vacances en Normandie, ciselés par le travail du romancier. Quatre-cents pages pour transcrire l'amour fou d'un homme dont l'objet chéri (une femme, une femme objet) lui échappe inexorablement. Quatre-cents pages pour tracer les premières esquisses d'un apprentissage de la douleur au contact d'une jeune fille capricieuse et indifférente. Quatre-cents pages pour peindre en touches impressionnistes, des sentiments si communs et pourtant si difficiles à saisir : nostalgie, mélancolie, jalousie, ennui, angoisse, frustration. Voilà Proust. Un orfèvre du sentiment, un modéliste méticuleux des émotions humaines. Un entomologiste de la douleur. 

Il faut s'accrocher. Le premier tiers du livre, avec sa madeleine, son "Longtemps je me suis couché de bonne heure" est essentiellement consacré aux angoisses du jeune Proust au moment d'aller se coucher, et aux efforts de Proust adulte pour faire renaître les souvenirs enfouis de cette enfance si douce et si amère. En bref, ça ne raconte rien ou presque, mais ça parle de l'essentiel. La langue est d'une richesse foisonnante, qui n'a d'égale que la précision avec laquelle l'auteur dissèque la moindre sensation, le moindre frémissement de l'âme. La lumière qui passe à travers les volets, un voyage en calèche entre deux villages, des clochers qui surgissent derrière des collines, la vie des fleurs et des arbres, et l'angoisse, l'insoutenable angoisse de l'enfant qui n'aura pas un dernier baiser maternel avant son sommeil. J'en oublie. Tout est décrit avec une attention hallucinante. La force descriptive et introspective de Proust, son talent à traduire en mots choisis (secs comme la foudre ou fluides comme un cours d'eau) sa capacité d'observation et d'analyse de ses propres sensations, tout cela est simplement hors du commun. Les deux autres parties sont du même acabit : l'amour frustré de Swann pour Odette de Crécy, la peinture cinglante de la bonne société parisienne, et les émois réprimés du jeune narrateur pour la fille de Swann, briseuse de coeur avant l'heure. Tout est passé au tamis du regard proustien, en teintes délavées. Et toujours cette écriture en circuit fermé, feu d'artifice de mots dans une délicate boîte à musique.

J'en resterai là. Mes piètres compétences littéraires ne me permettent pas de juger à sa juste valeur cet écrivain surdoué, ce génie des lettres. D'autres ont largement étudié le talent de Proust, le hissant tout en haut de ce que l'humanité a produit de grands auteurs, de grands observateurs de la condition humaine, aux côtés d'un Shakespeare. Je me bornerai donc à jeter ici ces quelques impressions. D'autant qu'il me reste encore six tomes de la Recherche à dévorer. Pas de temps à perdre.
par Kaplan publié dans : Le livre
ajouter un commentaire commentaires (2)   

Lundi 28 janvier 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
ajouter un commentaire commentaires (0)   

Vendredi 25 janvier 2008
Ramona-copie-1.jpeg
Un soir frileux de janvier, dans Belleville ensommeillé. A la recherche d'un peu de réconfort, de chaleur, de sud, après une quête éperdue sur tout ce que le web compte de sites dédiés aux sorties nocturnes et aux bonnes tables parisiennes, nous débarquons Chez Ramona, humble gargotte espagnole issue d'un autre temps. Au rez-de-chaussée, qui fait office d'épicerie, une gentille mamie (Ramona, c'est elle) épluche patiemment des légumes. C'est sa fille, Kuka, qui nous accueille, avec simplicité et familiarité. Ici, on se tutoie tout de suite, pas de chichis. Cette native de Galice a su teinter ses manières de quelques accents de Paname et de formules en arabe. C'est Paris, c'est l'Espagne, on ne sait plus très bien où on est, mais on y est.

Pour manger, direction le premier étage. Une vingtaine de couverts, une déco de bric et de broc, un CD rayé en guise de musique d'ambiance, un chat qui nous passe entre les jambes et une vieille affiche de corrida pour la gloire de Julian Lopez, alias El Juli. La salle est vide, Kuka nous apprend qu'une quinzaine de personnes doit arriver "tard dans la soirée". Sans doute des convives réglés sur l'heure espagnole. Pas comme nous, qui mourons déjà de faim et de soif. Une San Miguel et beaucoup de vin (blanc, rouge, du Vino del Sol et du Sangre de Toro) viendront nous désaltérer. Pour nous rassasier, quelques entrées à picorer (des moules en sauce rouge, superbes, on s'en lèche les doigts et on sauce sans vergogne au fond de la cocotte, et des calamars frits, servis dans le plus simple appareil), et une magnifique paella qu'on nous porte à même le plat. Ici, ce sont les clients qui se servent, on se passe les assiettes, on se partage les couverts, c'est à la bonne franquette. La paella est copieuse, riche en ingrédients (surtout en fruits de mer) mais assez timide en assaisonnement. Dommage, car elle est généreuse. Mais pour 15 euros la part, on ne va pas se plaindre.

Arrivent nos voisins de table. Un attelage hétéroclyte au sein duquel nous reconnaissons une ex-star académicienne, incognito. En bout de table, un hidalgo improbable prend sa guitare et entame quelques accords de flamenco. Quelques spécialistes battent la mesure. On est en Espagne, on y est, on est bien, les coudes sur la table, la main sur la bouteille et le nez dans l'assiette. Kuka fait le spectacle, elle ressert une tournée d'aguardiente. On s'en sort pour une trentaine d'euros par personne, presque une pécadille - la prochaine fois, il faudra essayer les tapas. Chez Ramona, on vient et on revient pour la simplicité, la convivialité, l'envie de s'offrir une parenthèse ibérique à la sortie du métro. C'est un peu d'Espagne. Et c'est à Paris.

17 rue Ramponeau, Paris XX, M° Belleville, 01 46 36 83 55.
par Kaplan publié dans : Le resto
ajouter un commentaire commentaires (0)   

Jeudi 24 janvier 2008
No-Country.jpg
Dans la filmographie des frères Coen, il n'y a pratiquement rien à jeter. On y trouve des joyaux incomparables (Fargo, Miller's Crossing, Barton Fink), des pépites incontournables (Sang pour Sang, The Barber, O Brother, The Big Lebowski), des plaisirs coupables (Le Grand Saut, Arizona Junior, Intolérable Cruauté) et, plus récemment, une parenthèse regrettable (Ladykillers). No Country For Old Men appartient certainement à la catégorie des joyaux ou des pépites. A chaud, comme ça - ayant vu le film hier soir dans un état de fatigue un peu handicapant - je ne saurai dire avec précision s'il appartient aux "brillants exercices de styles" ou aux "chefs d'oeuvre amers" du tandem surdoué. Le temps le dira. Mais c'est une réussite, indéniablement. Et une grande.

Inspiré d'un roman de Cormac McCarthy (un auteur que je n'ai jamais lu, mais je vais m'empresser de le faire), No Country For Old Men réunit les ingrédients qui font la réussite habituelle des Coen : un mélange de violence déjantée, d'humour noir et de fatalisme grinçant, où des personnages décalés essaient de se débattre au coeur de situations tragiques qui les dépassent.

L'histoire est simplissime. Dans un Texas aride, criblé de villes fantômes et de motels déserts, un loser taciturne (Josh Brolin, impeccable) tombe sur une mallette remplie de dollars, vestige d'un règlement de comptes entre trafiquants de drogue. Son erreur est de mettre la main sur le pactole au lieu de prévenir la police : il se retrouve vite talonné par un homme de main psychopathe (Javier Bardem, grandiose), sorte de Terminator coiffé comme Mireille Mathieu, chargé de nettoyer tout ce qui s'interposera entre le magot et lui. A quelques encablures, un shérif fatigué (Tommy Lee Jones, magnifique) essaie de recoller les morceaux. Ce shérif, c'est à la fois le choeur (au sens grec du terme) et le protagoniste principal, "en creux", de cette course-poursuite au rythme alangui, ponctuée de scènes de suspense et d'action surchargées en adrénaline. Témoin désabusé de cette orgie de violence dont le sens lui échappe (si toutefois elle en a un), il assiste impuissant à l'effondrement d'un monde dont il ne peut même pas jurer qu'il a existé. Il y a un peu de l'héroïne de Fargo dans ce brave type pataugeant avec tristesse en pleine apocalypse... une apocalypse risible et modèle réduit, qui se déroule dans le silence du désert et où l'ange de la mort a les yeux exorbités d'un assassin claudiquant. Il n'y a pas de justice, pas de morale, seulement les caprices arbitraires d'un destin aveugle. Les accidents surviennent sans crier gare, les règlements de compte se dissolvent dans un fondu au noir et les exécutions se font hors champ. Et les rêves se perdent, dans la nuit noire et froide, comme le souvenir lointain d'une époque meilleure.

En salles depuis le 23 janvier.
par Kaplan publié dans : Le film
ajouter un commentaire commentaires (2)   

Mardi 22 janvier 2008
par Kaplan publié dans : L'info
ajouter un commentaire commentaires (0)   
hebergement gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus