
... ou plutôt
"c'est bon pour la morale", en Frank Ribéry dans le texte, d'après les excellents
Cahiers du
Football.
N'ayant pas eu le privilège d'assister à l'interview télévisée d'après-match parce que j'étais au Stade de France hier soir, je suis obligé de les croire sur parole. Mais compte tenu des envolées
habituelles du ch'ti de Boulogne-sur-Mer, ce n'est pas bien difficile à imaginer. Alors oui, Frank Ribéry ce n'est pas un as de la prise de parole en public, mais balle au pied, c'est tout de même
autre chose ! Heureusement qu'il était là pour injecter sa détermination et son énergie dans ce match amical moribond où nos amis anglais, qui n'avaient rien à perdre et tout à gagner, ont mis le
pied sur le ballon avec application... jusqu'à ce qu'ils se fassent assomer sur un pénalty gagné, contre le cours du jeu, par un Anelka extrêmement remuant et transformé par un Ribéry décidément
providentiel. Ces deux-là seront à n'en pas douter d'incontournables "patrons" dans les rendez-vous à venir. On ne peut que s'en réjouir.
La patine rutilante de cette rencontre de grand standing (décidement, entre la France et l'Angleterre, c'est le
grand amour en
ce moment) s'est vue bien sûr obscurcie par la tristesse qui a entouré l'hommage à Thierry Gilardi et la minute de silence qui l'a suivi.
So long...
Pour le reste, les Bleus ont livré une copie propre mais sans grand éclat. Il faut dire qu'à quelques semaines des grosses échéances (fins de championnats, coupes diverses, Ligue des Champions,
Euro), on comprend que les joueurs se réservent. Quelques interrogations subsistent néanmoins : sur Trezeguet, bien sûr, encore inexistant hier. Sur Malouda et Abidal, à cours de forme, mais que
Raymond Domenech s'entête à aligner (pourquoi ne pas avoir fait entrer Evra en deuxième période ?) Et sur ce terrible "manque de réalisme" qui empêche les joueurs français de la mettre au fond,
même après des séquences de jeu étincelantes.
Quant aux Anglais, qui essaient de se "reconstruire" sous l'autorité de Fabio Capello, ils ont montré de jolies choses mais peinent encore à trouver une véritable identité collective. Dommage quand
on a dans son équipe des joueurs aussi brillants que Joe Cole, John Terry, Wayne Rooney, Steven Gerrard ou David Beckham. Un Beckham qui fêtait hier soir sa 100ème sélection, et qui reste, qu'on le
veuille ou non, un joueur charismatique, volontaire, au coup de patte millimétré. C'était un vrai plaisir de le voir "en vrai" (l'occasion ne risque pas de se représenter de sitôt) et l'ovation que
lui a réservée le public du Stade de France était méritée.
Concernant ce public du Stade de France, pour moi qui commence à être un habitué des lieux, l'énigme demeure. Comment ces "supporters" peuvent-ils déclencher une
ola au bout de dix minutes
alors qu'il ne se passe rien sur la pelouse ? Comment peuvent-ils siffler leurs propres joueurs (Cissé, Govou) lorsqu'ils entrent sur le terrain ? Comment peuvent-ils houspiller leur équipe
lorsqu'elle peine à remonter sous le pressing adverse ? Comment peuvent-ils huer les supporters d'en face alors que ceux-ci sont les seuls à chanter, même lorsque leur équipe est dominée ? Les
Anglais, qui ont une "vraie" culture du foot et qui ont l'habitude d'occuper des stades, des vrais, ont certainement dû se pincer devant le spectacle consternant, qui à bien des égards, était
autant dans les tribunes que sur le terrain. On dit parfois que le foot rend con. C'est vrai. Mais le pire, c'est peut-être quand les cons en question ne sont même pas des amateurs de foot.