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Mardi 29 avril 2008
Thomas Ngijol slalome entre les tables, un verre à la main, et monte sur la scène d'un pas sautillant. Il déplace un tabouret, s'excuse rapidement pour son retard, et entre directement dans le vif du sujet en vannant les deux agents de police qui trônent au fond de la salle, tout près du bar. Nous sommes au Comedy Club, samedi dernier. Ancien cinéma reconverti en cabaret par Jamel Debbouze, cette salle à la déco soignée déploie une ambiance plus new-yorkaise que parisienne, avec ses quelques dizaines de tables collées à la scène, où le public peut boire et manger tout en assistant au spectacle.

Ce théâtre, Jamel Debbouze a voulu en faire le tremplin pour une nouvelle génération de comédiens, mais aussi pour un style d'humour qui puise ses origines de l'autre côté de l'Atlantique, le stand up. Pas de sketch bien rodé, pas de mécanique huilée, mais un artiste, seul sur scène, qui commente sa vie, l'actualité, la société, en quasi impro, en dialoguant avec le public, en rebondissant sur chaque réplique. Un exercice délicat, qui demande aisance, bagout et sens constant de la répartie, auquel les Français se sont convertis assez récemment, mais dont les Américains sont familiers depuis longtemps grâce à des figures comme Lenny Bruce, Richard Pryor ou Eddie Murphy.

C'est justement à ce dernier que j'ai pensé en voyant Thomas Ngijol sur scène. Ceux qui ne connaissent d'Eddie Murphy que ses films lourdingues de ces dernières années devraient jeter un oeil sur ses performances sur scène, au début des années 80, quand l'acteur fraîchement débarqué du Saturday Night Live remplissait des salles entières et tapait tous azimuts, sur les blacks, les blancs, les gays, la famille, Elvis ou James Brown, sans se soucier du politiquement correct et sans peur de choquer l'Amérique. Il y a un peu de ça chez Thomas Ngijol : une volonté de briser les habitudes du comique "de génération" (ou que l'on pourrait qualifier "de banlieue") pour se jouer des codes, des clichés communautaires et afin que chacun en prenne pour son grade. Bien sûr, il sait exploiter ses origines camerounaises ou son enfance à Maisons-Alfort pour pointer du doigt une certaine condition des noirs en France, mais il manie aussi l'art du contrepied et de l'inattendu, en enrobant le corrosif d'une bonne dose de charme. Alors, tout n'est pas parfait, certaines vannes tombent à plat, d'autres sont des redites de ses interventions télévisées, mais on devine chez ce jeune artiste une énergie, une intelligence et une liberté de ton qui pourraient bien faire des ravages dans quelques années, quand il sera arrivé "à maturité". En attendant, si vous en avez l'occasion, allez le voir au Comedy Club. A la fin du show, il passe dans la salle, boit un verre et discute avec le public, en toute simplicité. Un vrai bon moment. Pour vous en donner un aperçu, voici une vidéo extraite du Jamel Comedy Club.


par Kaplan publié dans : La sortie
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Lundi 28 avril 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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Jeudi 24 avril 2008
Découvert sur le blog (très sympathique) Une Russe à Paris, le widget ci-dessous vous permet de tester vos connaissances géographiques. Un petit jeu un peu speed mais très amusant, qui me permet au passage de maintenir ce blog sous assistance respiratoire en cette période de creux. Pour ma part le test s'est bien passé jusqu'au niveau "hard" des villes du monde, où je n'ai pas été très brillant... Bref j'ai plafonné à 360 000 et quelques points. Il y a encore du boulot (EDIT : 595 000 points, 12ème niveau, c'est mon record). Et vous, vous vous repérez bien sur une mappemonde ?


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par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Mardi 22 avril 2008
L'évolution des médias et l'avenir du journalisme sont décidément des sujets qui me taraudent en ce moment. Aussi bien à titre personnel que professionnel. La crise d'ampleur mondiale que traverse la profession, entre pressions financières, blocages politiques, dérives éthiques et abdications intellectuelles, n'incite pas à un très grand optimisme et ne contrbue pas à redorer le blason des pourvoyeurs d'information.
C'est dans ce contexte tendu que vient de s'ouvrir, à Washington, un musée des médias : un site de sept étages, au budget (coquet) de 450 millions de dollars, entièrement dédié à la gloire du journalisme et évitant soigneusement les sujets qui fâchent, qu'il s'agisse des dérives de l'info ou des problèmes rencontrés par la profession, alors que 15 000 journalistes ont perdu leur emploi durant ces dix dernières années aux USA - entre autres. Une initiative louable a priori, donc, car il est toujours bon de se rappeler que l'accès à l'information est un droit qui a été chèrement acquis et une bataille de tous les jours. Mais une initiative à double tranchant, car elle semble mettre sous vide les vestiges d'une époque révolue, celle d'un journalisme libre, intègre et engagé. A quand le même musée en France ?

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=84922
par Kaplan publié dans : L'info
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Lundi 21 avril 2008

par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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Vendredi 18 avril 2008
J'avais douze ans à peine quand Pierre Desproges est mort - il y a vingt ans exactement, le 18 avril 2008. Et déjà à l'époque, même si je n'étais qu'un petit merdeux qui ne comprenait pas grand chose, je l'aimais. A la faveur d'un environnement familial où les charges d'humour caustique sont un mode d'expression fréquent, j'ai été initié très tôt à la verve desprogienne. Au Tribunal des Flagrants Délires, à Monsieur Cyclopède, puis à ses spectacles, et enfin, à ses livres, du Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis à son formidable roman Des femmes qui tombent.
Je peux le dire, Desproges a occupé une place importante dans mon éducation. Dans la croissance de mes zygomatiques, il a joué un rôle fondamental, juste devant les Nuls dont je découvrais, à peu près à la même époque, l'humour absurde... Vingt ans après sa mort, Desproges n'a pas été remplacé. Sa noirceur, son insolence, sa liberté de ton, sa capacité à débiter les pires horreurs avec un éclair de malice dans les yeux et sans se départir de son humanité, n'ont jamais trouvé d'égal. A la différence de beaucoup de satiristes qui essaient aujourd'hui de déverser leur bile sur les scènes et les plateaux télé, Desproges savait enrober sa méchanceté de culture et de tendresse... à moins que ce ne soit l'inverse ? Pour lui rendre hommage, j'ai longtemps hésité. J'ai finalement opté pour l'un de ses réquisitoires des Flagrants Délires, adressé à Daniel Cohn-Bendit (c'est d'actualité). Du pur Desproges : tout le monde en prend pour son grade, le vitriol voisine avec les jeux de mots foireux... Un régal.


par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Jeudi 17 avril 2008
ô lumière amicale
ô fraîche source de la lumière
ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre
gibbosité d'autant plus bienfaisante que la terre déserte
davantage la terre
silo où se préserve et mûrit ce que la terre a de plus terre
ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour
ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre
ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale

elle plonge dans la chair rouge du sol
elle plonge dans la chair ardente du ciel
elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.

Eia pour le Kaïlcédrat royal !
Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé
pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
pour ceux qui n'ont jamais rien dompté

mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose
ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde
véritablement les fils aînés du monde
poreux à tous les souffles du monde
aire fraternelle de tous les souffles du monde
lit sans drain de toutes les eaux du monde
étincelle du feu sacré du monde
chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !
Tiède petit matin de vertus ancestrales

Sang ! Sang ! tout notre sang ému par le cœur mâle du soleil
ceux qui savent la féminité de la lune au corps d'huile
l'exaltation réconciliée de l'antilope et de l'étoile
ceux dont la survie chemine en la germination de l'herbe !
Eia parfait cercle du monde et close concordance !

Écoutez le monde blanc
horriblement las de son effort immense
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique
écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !

Aimé Césaire (1913-2008), Cahier d'un retour au pays natal
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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