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Jeudi 29 mai 2008
Petite forme pour le Blog de Kaplan en ce moment. L'auteur a du mal à recharger ses batteries (séquelles du séjour cannois ? Disons, à mettre plutôt sur les deux seules petites semaines de vacances en un an...) Et surtout, avec quatre articles à boucler en quatre jours pour son "vrai boulot", il n'a guère eu le temps d'écrire des choses cette semaine sur son blog. Et en plus il se met à parler de lui à la troisième personne comme Alain Delon, ça commence à aller mal.

Et puis bon, y en a marre de ce temps de chien, de cette ambiance morose à Paris, de ce métro bondé, de cette sinistrose franchouillarde. Des envies d'ailleurs se font sentir. Des envies de soleil, de plage, de cris de mouettes, de terrasses lumineuses, de repas arrosés, de massages langoureux et de siestes crapuleuses sous les persiennes. Ce week-end, direction la Bretagne pour un mariage sur une île. Je ne sais pas si le soleil sera au rendez-vous, mais pour un bon bol d'air frais, il n'y a rien de tel. Alors reprise des affaires la semaine prochaine, en pleine forme bien sûr.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Mardi 27 mai 2008
La meilleure manière de rendre hommage à Sydney Pollack, réalisateur de Jeremiah Johnson, de Nos Plus Belles Années, des Trois Jours du Condor, de Tootsie, ou encore de La Firme, c'est encore de passer un extrait d'un de ses films. Il est mort hier à 73 ans. Et ça, c'est un passage de Out of Africa.


par Kaplan publié dans : L'info
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Lundi 26 mai 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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Vendredi 23 mai 2008

Un peu d'histoire personnelle. Indiana Jones pour moi, c'est le héros fondateur. C'est des après-midi d'enfance passés dans le salon de mon oncle, qui était le premier de la famille à avoir un magnétoscope (je vous parle du début des années 80, là... mais si, un vieux JVC énorme avec la cassette qui s'éjectait par le dessus et une télécommande raccordée à l'appareil par un câble...) Des après-midi où je pouvais me repasser Les Aventuriers de l'Arche Perdue en boucle, enivré par cet extraordinaire cocktail d'aventure, d'humour, de romance et d'effroi. Indiana Jones, c'est un des pères fondateurs de ma cinéphilie. Je me souviens, comme si c'était hier, de la première fois que j'ai vu le Temple Maudit et la Dernière Croisade au cinéma. Autant dire que je suis un fan. Mais, quelque peu échaudé par le sacrilège dont s'est rendu coupable George Lucas avec sa trilogie de "prequels" Star Wars, j'ai appris que certains trésors doivent rester enfouis sous le voile de la nostalgie.

C'est donc avec le plaisir de retrouver un vieil ami perdu de vue, mais avec aussi un brin de méfiance, que je suis allé à la rencontre de ce nouvel épisode, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. Les circonstances exceptionnelles de la projection (au Festival de Cannes, en présence de toute l'équipe du film) avaient beau m'inciter à un enthousiasme disproportionné, un film reste un film, fût-il un Indiana Jones, et il s'agit de le juger comme tel. Autant le dire, je suis très mitigé. Pas déçu, parce qu'encore une fois j'avais su modérer mes attentes, même vingt ans après. Mais mitigé. A mes yeux, cet épisode souffre de nombreux défauts, dont le premier est un scénario complètement bancal, agrégat improbable d'idées déconnectées. Personnages inutiles ou mal écrits, situations incohérentes, bonnes idées mal exploitées, et surtout, MacGuffin foireux. Le MacGuffin, qu'est-ce que c'est ? Expression inventée par Hitchcock, elle désigne le fil conducteur de l'intrigue, qui n'est souvent qu'un prétexte à faire avancer l'action. Dans les Indiana Jones, il s'agit généralement d'un artefact : Arche d'Alliance, Graal ou autre. Ici, le MacGuffin est un crâne de cristal aux origines inconnues et au pouvoir prétendument incroyable. Le souci, c'est en premier lieu que ce MacGuffin ne prend pas sa source dans l'imaginaire collectif - un peu comme les pierres sacrées du Temple Maudit. C'est surtout que ses origines, une fois expliquées, font sortir Indiana Jones de son environnement habituel, entre archéologie de pacotille et théologie de bazar. Sans vouloir trahir les secrets du film, on entre ici dans un territoire complètement différent, qui n'est pas forcément mal vu, mais qui est mal négocié. Le fait que l'action du film se situe dans les années 50 justifie que l'on s'éloigne de l'esprit serial des premiers épisodes pour aller vers d'autres références, historiques et cinématographiques : en vrac, la Guerre Froide, le maccarthysme, la peur atomique, la peur du Rouge, les OVNIs, mais aussi les films de science-fiction, les films d'horreur de la Hammer, L'invasion des Profanateurs de Sépulture, L'Equipée Sauvage, Tarzan... Au passage, Spielberg et Lucas s'amusent à s'auto-citer : un peu d'American Graffiti, un peu de Rencontres du Troisième Type, un peu de Star Wars ("I have a bad feeling about this", c'est du Han Solo dans le texte, pas du Indy). Tous ces éléments sont abordés dans le film, mais au lieu de s'harmoniser, semblent créer une dissonance. Surtout, la grande thématique de ce quatrième épisode, à savoir le temps qui passe et le vieillissement du héros, est surtout évoquée en début de film, et par intermittence par certains personnages, mais assez peu vécue par Indiana Jones lui-même. Ce qui prive le film d'une teinte mélancolique qui lui aurait sans doute davantage convenu.

Mais on ne juge pas un film sur ce que l'on aurait aimé qu'il soit - juste sur ce qu'il est. Même ainsi, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal nous laisse sur notre faim. Il est entendu que cette série ne s'est jamais distinguée par son réalisme ; mais dans cet épisode, à trois ou quatre reprises, on n'est plus dans l'invraisemblable, on est carrément dans le cartoon. L'équilibre subtil d'action, de fantastique et de comédie trouvé par Spielberg dans les épisodes précédents (et surtout dans le premier, indépassable) est ici rarement atteint, et le grand morceau final, qui est traditionnellement une apothéose, est plutôt raté, notre héros se retrouvant davantage spectateur qu'acteur des événements. C'est dommage, car comparé à bon nombre de blockbusters américains, cet Indiana Jones est doté d'un charme, d'un tempo et d'une élégance rares. Certaines séquences, notamment l'introduction dans le hangar (délire dans la salle lorsque le personnage apparaît), l'explosion atomique ou la poursuite à moto, sont d'une grande efficacité, et à plusieurs reprises on retrouve un peu de la magie des premiers épisodes - grâce à Harrison Ford, en très grande forme malgré ses 65 ans, et surtout grâce à Spielberg, qui témoigne encore d'un savoir-faire inégalé lorsqu'il s'agit de trousser une bonne scène d'action. Bref, cet Indiana Jones n'est pas une grande réussite, ce n'est pas non plus vraiment un ratage. Contrairement aux derniers Star Wars, le mythe original n'a pas été ruiné. Mais il a difficilement passé l'épreuve des années. A moins que ce soit moi...

En salles depuis le 21 mai.

par Kaplan publié dans : Le film
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Jeudi 22 mai 2008

Sans vouloir faire de comparaisons abusives, le foot, parfois, c'est comme un opéra. Quand le stade se fait théâtre, quand les projecteurs font jouer l'ombre et la lumière, quand le déroulement du match prend des airs de tragédie en quatre actes, quand les muses du sport obligent les héros à mettre un genou à terre au moment où le triomphe leur tend les bras, on se surprend à attendre qu'un grand rideau tombe une fois qu'a retenti le coup de sifflet final.

Le rideau, hier soir, c'était celui de la pluie diluvienne, qui imprimait à cette finale de Ligue des Champions un côté "fin du monde" tout à fait approprié pour un duel au sommet entre deux clubs britanniques : Manchester et Chelsea. Cette lutte fratricide se devait de prendre des airs shakespeariens, Angleterre oblige. Ainsi, Manchester United réalisait une entame parfaite, emmenée par son chevalier gominé, Cristiano Ronaldo, avant de voir les caprices du destin se retourner contre elle, et Chelsea égaliser sur un jaillissement de Frank Lampard, lequel dédiait immédiatement son but à sa mère récemment disparue. Quand le ciel s'en mêle, tout peut arriver ! Et l'on voyait ainsi Chelsea, l'équipe Frankenstein du milliardaire Abramovitch, damer le pion aux diables rouges de Sir Alex Ferguson, tétanisés, résistant tant bien que mal jusqu'à la fin des prolongations, avec quelques coups de pouce du destin (deux frappes adverses sur la barre). S'ensuivait une séance de tirs au but, pleine de suspense et de rebondissements, à l'issue de laquelle Manchester s'en sortait comme par miracle, et brandissait la coupe, cinquante ans exactement après le drame de Munich dont le traumatisme pèse encore sur l'histoire du club. Tout un symbole... Shakespearien, je vous dis !

Mais comme nous étions en Russie pour disputer cette finale, il fallait bien un peu de Crime et Châtiment. On a été servi, avec un Didier Drogba esseulé et homérique, finalement expulsé sur carton rouge dans les prolongations pour avoir passé ses nerfs sur un défenseur adverse ; avec un Cristiano Ronaldo des grands soirs, capable de marquer un but somptueux de la tête avant de s'effondrer mentalement au moment des tirs au but, laissant paraître, l'espace d'un instant, le visage d'un petit garçon terrorisé sous les oripeaux du playboy surdoué ; avec un John Terry capitaine malheureux, vaillant artisan du succès tant attendu de Chelsea jusqu'à ce que sa balle de match se heurte sur le poteau du gardien mancunien ; avec enfin un Nicolas Anelka maudit, entré en jeu en toute fin de rencontre, juste pour voir son ultime tir au but repoussé par un Van Der Sar aux épaules de géant. Bref, toute une dramaturgie, avec ses héros aux pieds d'argile, comme seul le sport sait en offrir.

Alors oui, certes, hier soir encore, c'était la loi du foot business, milliards russes contre milliards américains, stars contre stars, Nike contre Adidas. Mais c'était aussi des hommes sous la pluie, qui se battaient avec leurs armes pour pouvoir caresser la légende. Et moi, j'adore ça.
par Kaplan publié dans : Le match
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Mercredi 21 mai 2008

C'est encore un peu engourdi par cinq jours mouvementés sur la Croisette que je me suis replongé dans le travail. Le devoir n'attend pas ! Dur, dur, de retrouver le rythme quotidien quand on a goûté à la vie de star, mais que voulez-vous, il faut bien savoir revenir sur terre. Quoiqu'il y a parfois, au quotidien, de petites et grandes nouvelles qui vous font aussi décoller très haut... Mais j'y reviendrai. Quoiqu'il en soit, cette première expérience cannoise, pour moi qui "gravite" autour du monde du cinéma depuis quelques années, était une incroyable partie de plaisir. D'autant que pour l'occasion, j'ai vraiment été gâté, avec accréditation aux petits oignons et invitations pour les meilleures projections. Alors voici, en mode court-métrage, cinq bonnes raisons d'aller au Festival de Cannes...

1) On peut vraiment se la péter. Quant on enfile un smoking (obligatoire !) et qu'on arpente pour la première fois le tapis rouge du Palais des Festivals, il n'y a pas à dire, ça fait de l'effet. Les projecteurs, les marches, les photographes survoltés, les filles en robe du soir belles à tomber (bon, certaines seulement, ok), les vigiles par dizaines, les spectateurs qui se pressent derrière les barrières... Bon, même si tout ce beau monde n'est pas là pour vous, même si vous n'êtes qu'un pauvre quidam dans la grande parade du show-business, ça fait plaisir d'en être et de savourer le frisson de la légende, juste pour quelques instants.

2) On peut côtoyer des gens hors du commun.
Le Festival de Cannes est, avec les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football, l'un des événements les plus médiatisés au monde. Chaque année, ce sont près de 35 000 personnes qui sont accréditées. Autant dire que ça afflue du monde entier pour faire tourner cette ruche hallucinante. Dans le lot, il y a vraiment de belles rencontres à faire, personnalités VIP, professionnels du cinéma, journalistes ou opportunistes de passage. Chacun goûte le privilège de faire partie de cette parenthèse enchantée, comme hors du temps. Et bien sûr, inaccessibles ou presque, il y a les stars, que l'on ne verra jamais d'aussi près. Pour ma part, Harrison Ford, Steven Spielberg, Cate Blanchett, Woody Allen, Penelope Cruz, Nanni Moretti, Walter Salles, Chiara Mastroianni, Elsa Zylberstein, Mathieu Kassovitz, Lambert Wilson et j'en passe... Il faut bien penser à balayer les paillettes du costume en rentrant.

3) On peut faire une overdose de films. Ah oui, le Festival de Cannes, c'est d'abord du cinéma, n'est-ce pas ? Pour la peine, j'en ai vraiment profité, avec pas moins de neuf films en moins de cinq jours. Tous en sélection officielle, en compétition ou hors compétition. Dans l'ordre : Leonera, poignante chronique argentine sur une jeune mère incarcérée ; Valse avec Bachir, étonnant documentaire d'animation israélien (ça m'étonnerait qu'il reparte les mains vides) ; Trois Singes, drame de l'adultère en Turquie, à la réalisation léchée ; Un Conte de Noël, dissection irrévérencieuse et outrancière du film familial par Arnaud Desplechin, avec une distribution de haute volée ; 24 City, assomante radiographie de la société chinoise en pleine mutation ; Vicky Cristina Barcelona, comédie sensuelle et solaire, très (trop ?) légère, signée Woody Allen, avec un trio hyper sexy, Javier Bardem, Penelope Cruz et Scarlett Johansson ; Linha de Passe, immersion douce et amère dans une famille défavorisée de Sao Paulo, par Walter Salles ; Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, ou quand la nostalgie se fracasse sur un scénario raté (un peu de magie, beaucoup de soupirs) ; Le Silence de Lorna, esquisse sociale, sans illusion - mais pas glauque - des frères Dardenne. Et aussi, chopées au vol, vingt minutes de présentation du Mesrine de Jean-François Richet, avec Vincent Cassel dans le rôle titre - ça s'annonce costaud. Plus de détails sur tous ces films ultérieurement.

4) On peut faire la fête. Autant le dire tout de suite, mon plus grand regret sur ce séjour sera de ne pas avoir pu aller à la soirée Jean-Claude Van Damme organisée au Palm Beach pour son film JCVD. Pourtant, on avait des invits ! Mais ça s'est mal goupillé... Idem pour la soirée Mesrine au Jimmi'z, qui refoulait les gens par dizaines à deux heures du matin... En revanche, la soirée Europacorp sur la plage face au Grand Hôtel était très chaude. Et pour finir en beauté, la soirée de dimanche à la villa UGC, sur les hauteurs cannoises, était un grand moment. Tellement select que j'avais presque envie de m'excuser d'y être ! A côté de ça, les pots de fin de soirée au sixième étage du Majestic étaient fort agréables. C'est ça aussi Cannes : l'opportunité de picoler dans des lieux exceptionnels. Et il ne faut pas négliger ça.

5) On peut se regonfler le moral en un clin d'oeil. Parce que ça fait du bien de vivre des choses qui vous extirpent du ronron quotidien et du tout venant. Parce que ça fait du bien de se rappeler pourquoi on aime tant le cinéma, pourquoi on a un jour voulu vivre de, ou autour de cette passion. Parce que ça fait du bien d'arpenter la plage, de voir la mer, les palmiers, le soleil (bon, il y a eu de la pluie aussi, pas mal même). Parce que ça fait du bien aussi, de s'en prendre plein les mirettes, pour finalement mieux apprécier, une fois revenu "à la normale", les choses simples de la vie. Alors oui, c'est bien, Cannes. Je suis crevé, mais ravi. A l'année prochaine ?


par Kaplan publié dans : La sortie
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Mardi 20 mai 2008
par Kaplan publié dans : My mood, my tune
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