
C'est encore un peu engourdi par cinq jours mouvementés sur la Croisette que je me suis replongé dans le travail. Le devoir n'attend pas ! Dur, dur, de retrouver le rythme quotidien quand on a
goûté à la vie de star, mais que voulez-vous, il faut bien savoir revenir sur terre. Quoiqu'il y a parfois, au quotidien, de petites et grandes nouvelles qui vous font aussi décoller très haut...
Mais j'y reviendrai. Quoiqu'il en soit, cette première expérience cannoise, pour moi qui "gravite" autour du monde du cinéma depuis quelques années, était une incroyable partie de plaisir. D'autant
que pour l'occasion, j'ai vraiment été gâté, avec accréditation aux petits oignons et invitations pour les meilleures projections. Alors voici, en mode court-métrage, cinq bonnes raisons d'aller au
Festival de Cannes...
1) On peut vraiment se la péter. Quant on enfile un smoking (obligatoire !) et qu'on arpente pour la première fois le tapis rouge du Palais des Festivals, il n'y a pas à dire, ça fait de
l'effet. Les projecteurs, les marches, les photographes survoltés, les filles en robe du soir belles à tomber (bon, certaines seulement, ok), les vigiles par dizaines, les spectateurs qui se
pressent derrière les barrières... Bon, même si tout ce beau monde n'est pas là pour vous, même si vous n'êtes qu'un pauvre quidam dans la grande parade du show-business, ça fait plaisir d'en être
et de savourer le frisson de la légende, juste pour quelques instants.
2) On peut côtoyer des gens hors du commun. Le Festival de Cannes est, avec les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football, l'un des événements les plus médiatisés au monde. Chaque année,
ce sont près de 35 000 personnes qui sont accréditées. Autant dire que ça afflue du monde entier pour faire tourner cette ruche hallucinante. Dans le lot, il y a vraiment de belles rencontres à
faire, personnalités VIP, professionnels du cinéma, journalistes ou opportunistes de passage. Chacun goûte le privilège de faire partie de cette parenthèse enchantée, comme hors du temps. Et bien
sûr, inaccessibles ou presque, il y a les stars, que l'on ne verra jamais d'aussi près. Pour ma part, Harrison Ford, Steven Spielberg, Cate Blanchett, Woody Allen, Penelope Cruz, Nanni Moretti,
Walter Salles, Chiara Mastroianni, Elsa Zylberstein, Mathieu Kassovitz, Lambert Wilson et j'en passe... Il faut bien penser à balayer les paillettes du costume en rentrant.
3) On peut faire une overdose de films. Ah oui, le Festival de Cannes, c'est d'abord du cinéma, n'est-ce pas ? Pour la peine, j'en ai vraiment profité, avec pas moins de neuf films en moins
de cinq jours. Tous en sélection officielle, en compétition ou hors compétition. Dans l'ordre :
Leonera, poignante chronique argentine sur une jeune mère incarcérée ;
Valse avec
Bachir, étonnant documentaire d'animation israélien (ça m'étonnerait qu'il reparte les mains vides) ;
Trois Singes, drame de l'adultère en Turquie, à la réalisation léchée ;
Un
Conte de Noël, dissection irrévérencieuse et outrancière du film familial par Arnaud Desplechin, avec une distribution de haute volée ;
24 City, assomante radiographie de la société
chinoise en pleine mutation ;
Vicky Cristina Barcelona, comédie sensuelle et solaire, très (trop ?) légère, signée Woody Allen, avec un trio hyper sexy, Javier Bardem, Penelope Cruz et
Scarlett Johansson ;
Linha de Passe, immersion douce et amère dans une famille défavorisée de Sao Paulo, par Walter Salles ;
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, ou
quand la nostalgie se fracasse sur un scénario raté (un peu de magie, beaucoup de soupirs) ;
Le Silence de Lorna, esquisse sociale, sans illusion - mais pas glauque - des frères Dardenne.
Et aussi, chopées au vol, vingt minutes de présentation du
Mesrine de Jean-François Richet, avec Vincent Cassel dans le rôle titre - ça s'annonce costaud. Plus de détails sur tous ces
films ultérieurement.
4) On peut faire la fête. Autant le dire tout de suite, mon plus grand regret sur ce séjour sera de ne pas avoir pu aller à la soirée Jean-Claude Van Damme organisée au Palm Beach pour son
film
JCVD. Pourtant, on avait des invits ! Mais ça s'est mal goupillé... Idem pour la soirée
Mesrine au Jimmi'z, qui refoulait les gens par dizaines à deux heures du matin... En
revanche, la soirée Europacorp sur la plage face au Grand Hôtel était très chaude. Et pour finir en beauté, la soirée de dimanche à la villa UGC, sur les hauteurs cannoises, était un grand moment.
Tellement select que j'avais presque envie de m'excuser d'y être ! A côté de ça, les pots de fin de soirée au sixième étage du Majestic étaient fort agréables. C'est ça aussi Cannes : l'opportunité
de picoler dans des lieux exceptionnels. Et il ne faut pas négliger ça.
5) On peut se regonfler le moral en un clin d'oeil. Parce que ça fait du bien de vivre des choses qui vous extirpent du ronron quotidien et du tout venant. Parce que ça fait du bien de se
rappeler pourquoi on aime tant le cinéma, pourquoi on a un jour voulu vivre de, ou autour de cette passion. Parce que ça fait du bien d'arpenter la plage, de voir la mer, les palmiers, le soleil
(bon, il y a eu de la pluie aussi, pas mal même). Parce que ça fait du bien aussi, de s'en prendre plein les mirettes, pour finalement mieux apprécier, une fois revenu "à la normale", les choses
simples de la vie. Alors oui, c'est bien, Cannes. Je suis crevé, mais ravi. A l'année prochaine ?