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Vendredi 29 juin 2007
Voilà un chantier prioritaire en matière de santé pour notre nouveau gouvernement : combattre ce terrible fléau qu'est le syndrome de Gilles de la Tourette, qui a injustement frappé Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP. Comment sinon expliquer cette malheureuse interjection, que des reporters mal intentionnés ont cru dirigée à l'endroit d'Anne-Marie Comparini ? Il est bien évident qu'un homme de l'élégance et de la qualité de monsieur Devedjian ne se laisserait pas aller à de telles grossièretés s'il n'était sérieusement atteint par le fameux syndrome... Plus que jamais, il est urgent de se donner tous les moyens de vaincre cette affreuse maladie qui contamine jusqu'aux plus brillants éléments de la République. Ah la pute !

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-929432@51-929435,0.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_Gilles_de_la_Tourette
par Kaplan publié dans : L'info
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Mercredi 27 juin 2007

Aujourd'hui les soldes commencent, et puisqu'au PS on est en pleine période de refondation, les éléphants devraient prendre l'Eurostar pour aller faire leurs emplettes du côté de Downing Street. On peut y trouver, dès cet après-midi et d'occase, un dirigeant travailliste à la retraite de 54 ans (l'âge auquel certains accèdent au pouvoir chez nous), rompu depuis dix ans aux exigences de la conduite de l'Etat, passé entre autres par les bancs d'Oxford, et qui en plus parle très bien le français.

Bon d'accord, c'est un mec de gauche à l'anglaise, ce qui veut dire qu'il est plus libéral que certains mecs de droite en France, et puis il a la fâcheuse habitude de faire de la lèche aux Américains, surtout lorsqu'il s'agit d'aller casser de l'Irakien. Mais il a tout de même certaines qualités : déjà, il sait quand se retirer (dix ans, that's enough) ; ensuite, il a réussi le tour de force de rénover complètement son parti, moribond au début des années 90, pour en faire une incroyable machine à gagner ; il a également su, avec l'aide d'un certain Anthony Giddens, "repenser" complètement la gauche anglaise, ce qui est tout à fait intransposable de ce côté-ci du Channel (pas la même culture, pas le même tissu social, pas les mêmes piliers philosophiques), mais prouve bien qu'en matière de politique, tout peut être toujours réinventé ; enfin, contrairement aux idées reçues, il a su redonner de l'autorité à l'Etat et aux pouvoirs publics dans une Grande-Bretagne essorée par Mrs Thatcher.

Evidemment, Tony Blair laisse derrière lui un bilan contrasté, après trois mandats et dix ans de pouvoir. Il a menti, il a échoué, il a déçu. La guerre en Irak, le système de santé encore imparfait, la précarité de l'emploi, autant de taches sur son costume made in Savile Row. Dans son pays, il est aujourd'hui largement décrié. Mais il demeure une personnalité internationale majeure de la fin des années 90 et du début du XXIème siècle. Ceux qui pensent ici que le blairisme est un gros mot n'ont pas d'inquiétude à avoir : la troisième voie du New Labour ne se dissout pas dans la culture politique française. Mais là où l'homme a valeur d'exemple, c'est dans la capacité qu'il a eu à remettre son parti d'aplomb, à en devenir le leader incontesté, et à incarner, à seulement 44 ans, un vent nouveau dans son propre pays. Certains devraient s'en inspirer...

Et puis ce qu'on ne peut pas lui enlever, c'est qu'entre 1997 et 2007, l'Angleterre est restée le pays du rock et du foot, et c'est ça le plus important. This is England.

Dix ans de Blair.
par Kaplan publié dans : L'info
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Lundi 25 juin 2007
Pour commencer la semaine en beauté, et parce que je n'ai pas grand chose de croquignolet à écrire après un week-end d'indolence, voici un peu de poésie, un peu de méditation sur le temps qui passe, grâce à un sonnet du plus grand auteur de tous les temps, William Shakespeare.

When forty winters shall beseige thy brow,
And dig deep trenches in thy beauty's field,
Thy youth's proud livery, so gazed on now,
Will be a tatter'd weed, of small worth held:
Then being ask'd where all thy beauty lies,
Where all the treasure of thy lusty days,
To say, within thine own deep-sunken eyes,
Were an all-eating shame and thriftless praise.
How much more praise deserved thy beauty's use,
If thou couldst answer 'This fair child of mine
Shall sum my count and make my old excuse,'
Proving his beauty by succession thine!
This were to be new made when thou art old,
And see thy blood warm when thou feel'st it cold.

Lorsque quarante hivers assiégeront ton front,
Et creuseront de profondes tranchées dans le champ de ta beauté
La fière livrée de ta jeunesse tant regardée pour le moment
Sera un vêtement rapiécé tenu en maigre valeur:
Alors si l'on te demande où repose toute ta beauté,
Où donc tout le trésor de tes jours de vigueur
Répondre (qu'ils sont) dans tes propres yeux profondément enfoncés
Serait honteuse gloutonnerie et louange gaspilleuse.
De combien plus de louange serait digne l'usage de ta beauté,
Si tu pouvais répondre: " Ce bel enfant de moi
Sera porté à mon compte, et sera l'excuse de ma vieillesse"
En prouvant que sa beauté est tienne par succession.
 Ce serait être refait à neuf alors que tu es vieux,
 Et voir ton sang chaud alors que tu le sens froid.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Vendredi 22 juin 2007
Bon allez, parce que je suis un fan de base, je suis obligé de la mettre en ligne : la première photo du tournage des nouvelles aventures d'Henry Jones, Jr. Harrison Ford, Steven Spielberg, Indiana Jones. Le cinéma, la vie. Sortie été 2008.

par Kaplan publié dans : Le film
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Vendredi 22 juin 2007
Une fois n'est pas coutume, on va parler films sur ce blog. Mais vite fait, hein, j'ai pas le temps d'écrire des tartines ce matin, et puis c'est vendredi, je suis fatigué et j'ai trop bu hier soir.
Après plusieurs semaines de disette cinématographique, j'ai enchaîné coup sur coup deux films très différents, qui n'ont pour seul point commun que d'avoir été présentés au Festival de Cannes. Le premier est Les Chansons d'Amour de Christophe Honoré, le second Ocean's Thirteen de Steven Soderbergh. Une petite fantaisie grave à la française et un gros All Star Game hollywoodien. Tous les goûts sont dans la nature, et comme je suis un mec très nature, je prends les deux.

Les Chansons d'Amour est un drôle de film pas si drôle, une quasi-comédie dramatico-romantique sur les errements sentimentaux de jeunes gens chahutés dans le Paris d'aujourd'hui, où les histoires d'amour (qui finissent mal, en général) se vivent en chansons et s'entrecroisent de filles à garçons. Christophe Honoré réalise un film totalement libre sur la forme, parfois téléphoné sur le fond, bien que l'histoire repose sur une surprise tragique qui prend à contrepied et instaure une émotion inattendue. Les chansons d'Alex Beaupain, qui jaillissent à l'improviste au cours du film, alternent le meilleur et le presque risible. Mais Honoré n'en a cure, il se donne sans retenue dans ce petit film porté par d'excellents comédiens, à commencer par Louis Garrel, que je n'avais vu jusque-là que dans Dreamers de Bertolucci, et qui a une vraie présence à l'écran. Un très bon acteur, un sacré charisme. Une vraie gueule d'amour.

Des gueules d'amour, il y en a un wagon entier dans Ocean's Thirteen, film parfaitement inutile et inoffensif dans lequel tout le monde, du scénariste au réalisateur en passant par les acteurs, fait le minimum syndical, ce qui n'est pas grave en soi mais pourrait être perçu comme une sorte de foutage de gueule compte tenu du caractère déjà extrêmement "léger" de la série. Pas désagréable pour deux sous et traversé par des stars foncièrement aimables, ce troisième épisode ne parle de rien, ne provoque rien et ne laisse absolument aucune trace. Sauf sur la peau d'Al Pacino, cramé par les UV. Bref, vous pouvez y aller, ou pas, ça ne changera strictement rien.
par Kaplan publié dans : Le film
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Mercredi 20 juin 2007
Samedi soir, après des Chansons d'Amour au cinéma, nous sommes allés chercher un peu de tendresse du côté de Saint Germain et surtout du Côté Bergamote, petite adresse pas prétentieuse pour deux euros, à la déco bucolique et printanière.

Lieu idéal pour un brunch léger, ce restaurant spécialisé dans la cuisine aux herbes fraîches propose des produits simples agrémentés de façon originale, souvent mariés avec des aromates inattendus. Rien d'inoubliable en cuisine, mais assez de bonne humeur et de gentillesse dans l'assiette pour attirer la sympathie. Le tout avec une formule entrée-plat-dessert à 25 euros : cela appelle l'indulgence.

Qu'avons-nous mangé ? Des coeurs d'artichauts au pesto, très bons et joliment agencés ; une dorade sur un risotto sauce chlorophylle ; d'autres ont opté pour un tartare de thon, une pièce de boeuf grillée... Dans l'ensemble, tout le monde était content, satisfait de son choix et rassasié, ce qui est en soi un excellent point. Je noterai toutefois que le risotto était assez pâteux, ce qui est impardonnable, mais passons... En dessert, la salade de fruits se tenait bien, et par les temps qui courent, cela  peut relever de la gageure. Les vins ? Un Touraine blanc pas forcément approprié, et un Brouilly ferme sur ses appuis. Bref, une bonne petite table, à choisir pour l'ambiance et l'originalité.

8 rue Montfaucon, Paris VI, M° Mabillon, 01 44 55 66 77. www.bergamote.org
par Kaplan publié dans : Le resto
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Lundi 18 juin 2007
Comme prévu, la droite a remporté la victoire hier, lors du second tour des élections législatives. Une victoire nette, puisque l'UMP et ses alliés peuvent se prévaloir de 331 à 345 sièges sur 577. Une victoire historique aussi, puisqu'il s'agit de la première fois depuis 1978 qu'une majorité parlementaire se succède à elle-même. Une victoire logique, enfin, après celle de Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier, l'élection présidentielle étant désormais condamnée à être le diapason de la législature à suivre.

Plusieurs bémols cependant à cette victoire. L'abstention, pour commencer. Avec 39,5%, elle est un peu en recul par rapport au premier tour, mais reste importante. Bien entendu, les Français se passionnent moins pour l'élection de députés qu'ils connaissent moins bien que les candidats à la présidentielle. Mais surtout, ils identifient moins clairement les enjeux de ce scrutin, que beaucoup d'entre eux considèrent comme une "formalité" après la course à l'Elysée.

Une formalité ? Pas tant que ça, finalement. On attendait une vague bleue, elle n'aura pas eu lieu. En une seule petite semaine, les électeurs ont sensiblement renversé la tendance, et s'ils ont donné au Président la majorité qu'il avait appelée de ses voeux, ils ont également opté pour une opposition forte. Le Parti Socialiste, contre toute attente, a réussi à gagner des sièges par rapport à la législature de 2002, et c'est entre 206 et 212 élus qui vont siéger au Palais Bourbon. On peut dire qu'il s'agit d'une surprise, tant le parti semblait laminé par les querelles internes et anesthésié par l'inéluctabilité d'un raz-de-marée UMP. Aidés par la polémique autour de la TVA sociale et surtout par les reports de voix du MoDem, les socialistes ont fait mieux que sauver les meubles - mais tout reste à faire.

Rongé au-dedans, soutenu au dehors, voilà aujourd'hui l'état du PS. Drôle de situation que ce vote de confiance donné par les électeurs à une formation menacée d'implosion - comme un encouragement à entamer sans plus attendre la rénovation dont le parti a besoin. Le PS aujourd'hui, c'est d'abord un premier secrétaire isolé qui s'accroche désespérément à son siège, une candidate dans le colimateur qui n'a pas attendu plus de quelques heures après les résultats pour annoncer sa séparation avec François Hollande, deux has been qui espèrent encore jouer les will be, et une bande de "jeunes lions" qui affichent clairement leur volonté de bouffer les éléphants. Joli tableau, et le meilleur reste à venir.

Quoiqu'il en soit, la gauche sort relativement épargnée de ces élections : les communistes conservent près de 20 sièges, un miracle compte tenu de l'état du parti. Les Verts restent stables. Et au milieu du centre, comme prévu, le MoDem fait les frais de sa stratégie du "ni, ni". Avec ses trois copains députés, François Bayrou va se sentir bien seul. Il n'empêche que les voix de ses électeurs ont une fois de plus compté dans l'issue du scrutin. De quoi lui mettre du baume au coeur en attendant les municipales, où il ne devrait pas manquer de tenter quelques coups d'éclat.

La droite, de son côté, se voit bien sûr pourvue d'une belle majorité, qui devrait permettre à son gouvernement de mener à bien les réformes qu'il a annoncées. Une majorité cependant moins écrasante que ce que craignaient certains, qui va devoir prendre en considération la voix de l'opposition, et surtout celle du peuple français, toujours prompt à brûler ce qu'il a adoré. Elu largement en mai, Nicolas Sarkozy prend un premier coup de semonce en juin. Nul doute qu'en habile politique (voir l'édito de Joffrin), il va savoir tirer les leçons de ce scrutin dans son exercice du pouvoir. Certains en ont déjà tiré d'amères conclusions, comme Alain Juppé, battu à Bordeaux et contraint à démissionner du gouvernement. L'éternel sacrifié de la chiraquie reprend son chemin de croix. Il paraît qu'on l'attend au Canada.
par Kaplan publié dans : L'info
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