Mardi 31 juillet 2007
Il m'aura fallu une semaine pour finalement trouver le temps d'écrire quelques mots sur le Ballet National de Cuba, qui est en représentation exceptionnelle au Grand Palais jusqu'au 2 août. Moi qui ne suis pas vraiment un habitué du ballet (ni de la danse en général, et pas la peine de venir poster des vannes douteuses à ce sujet dans les commentaires...), j'ai énormément apprécié cette soirée que j'ai appréciée avec les yeux du profane. Sur le ballet en lui-même, Don Quichotte, je dirai qu'il ne se singularise pas forcément par une partition exceptionnelle. La musique signée Ludwig Minkus sert surtout de toile de fond à quelques tableaux hispanisants dont le personnage de Cervantès et son fidèle acolyte Sancho Panza sont essentiellement les spectateurs.
On a bien droit aux moulins et à une Rossinante en bois montée sur roulettes, mais pour le reste, ce sont deux jeunes personnages, Kitri et Basilio, qui tiennent le devant de la scène. Magnifiquement interprétés par deux jeunes danseurs, ces deux amoureux se livrent à un chassé croisé qui les amène à croiser une foule d'autres danseurs incarnant diverses figures d'une Espagne mythique, gentilshommes, matadors ou gitans. Des deux danseurs vedettes, c'est incontestablement la belle Viengsay Valdes qui tire son épingle du jeu, mais son bondissant partenaire Romel Frometa n'est pas en reste. A cet égard, le troisième acte est une sorte d'apothéose durant laquelle le duo rivalise de prouesses. J'en suis resté, j'avoue, admiratif, jusqu'à en oublier les décors plutôt "cheap". Mais le décor, finalement, n'est-ce pas l'enceinte du Grand Palais, ce magnifique écrin Belle Epoque dans lequel il assez rare de pouvoir savourer un tel spectacle. Sous son toit de verre, en cette soirée enfin douce au milieu d'un été pourri, tout s'est réuni. L'architecture, la danse, la musique, des artistes venus du bout du monde pour célébrer l'art... C'est si bon de passer une soirée sous le signe du beau.
Du beau, ils nous en auront donné, Michelangelo Antonioni, Ingmar Bergman, Michel Serrault. Triste hat trick que ces trois disparitions consécutives, qui endeuillent le cinéma pour toujours. Je sais, c'est pas drôle de finir un papier ainsi, mais comment passer sous silence ce qui me touche ? A très vite pour quelques mots sur Bruxelles, Camus, et je l'espère, un beau séjour près des volcans d'Auvergne.
Je regrette vraiment de ne pas avoir pu prendre moi-même de cliché pour illustrer
cet article, alors vous allez devoir me croire sur parole, et vous contenter d'une photo de Django Reinhardt. Pourquoi Django ? Vous allez comprendre.
