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Jeudi 23 août 2007
Enfin, les vacances. Départ demain matin aux aurores pour la Bella Sicilia. Le Blog de Kaplan se met à l'heure italienne pour quelques jours. Retour le 3 septembre  avec, je l'espère, le plein d'énergie. D'ici là, baci a tutti.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Lundi 20 août 2007
Bonjour à tous. Lundi 20 août, 12h15. J'attends toujours que l'été démarre. Je suis au bureau et j'ai froid. Mais vraiment froid, comme en février... Je devrais allumer le chauffage mais j'ai ma fierté... Yahoo annonce 27° aujourd'hui à Palerme, et  prévoit à peu près la même chose pour les dix prochains jours. J'avoue que je m'en réjouis. J'ai une telle envie de soleil, de mer, de sud, je sens que je vais la dévorer, cette Sicile.
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Vendredi 10 août 2007
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Vraiment, je suis désolé pour ce titre lamentable mais je n'ai pas trouvé mieux en cette fin de semaine poussive.
Vous savez ce que c'est qu'une piccata de veau ? Oui, bien sûr, vous le savez ! Ce sont des émincés de veau finement coupés et cuisinés qui au marsala, qui à la crème et aux champignons, qui comme vous voulez. Hier soir à la Villa Victoria, j'ai découvert avec surprise qu'une piccata de veau, c'est en réalité... une escalope panée à la milanaise ! Enfin, c'est ce que semble croire le chef cuisinier de ce bistrot au demeurant fort sympathique du IXème arrondissement, anciennement Le Velly et récemment repris par de nouveaux propriétaires. Au moment de réserver on m'avait rassuré : les tauliers ont changé, le nom aussi, mais ni le chef ni "l'esprit".

La devanture annonce "cuisine traditionnelle moderne", ce qui relève déjà de la gageure mais pourquoi pas... Et en fait c'est vrai, la piccata de veau affiche une modernité à laquelle mon esprit étriqué n'était sans doute pas préparé. Blague à part, cette Villa Victoria propose une formule entrée-plat-dessert à 32 €, prix standard à Paris pour un bistrot de cet acabit. La carte propose un bel assortiment de produits et d'idées. En entrée j'ai opté pour une terrine aux poivrons et à la ricotta réhaussée d'une touche de tapenade, très fraîche, de bonne tenue, arborant crânement sa belle mine comme une minette qui reviendrait de vacances. Ma convive a choisi elle, une soupe aux lentilles vertes et lardons, avec une pointe de crème fraîche. Bonne pioche, la soupe est généreuse et fondante, parfaite pour un mois d'octobre.
Puis vient le moment du plat de résistance et là, on se fait avoir comme des débutants. Tentés par la piccata de veau sauce tartare sur lit d'épinards, nous en oublions la règle élémentaire du would-be critique gastronomique : ne jamais prendre le même plat pour pouvoir multiplier ses impressions ! La suite on la connaît, la piccata arrive et d'un seul coup on se retrouve projeté dans une vieille pizzeria. J'exagère : le veau était bon, la panure appliquée, les épinards francs et la sauce tartare fraîche, mais bon, ce n'était pas une piccata de veau, ou alors moi je suis Richard Nixon. Pour l'ancdote, la carte proposait aussi du lieu, de la daurade, du boeuf... On n'a peut-être pas été très inspirés sur ce coup-là.

Encore dérouté par cette expérience aux frontières du réel, je demande timidement conseil auprès de la serveuse qui vient s'enquérir de notre choix de desserts. Alors qu'en face de moi on a déjà opté pour le clafoutis aux cerises depuis à peu près 1h30, pour ma part j'hésite entre l'orange en gelée au café (intriguant) et les fraises au mascarpone. La serveuse me dirige sans hésiter vers la deuxième option. J'enchaîne, et ma foi oui, ce sont bien des fraises au mascarpone, avec un petit biscuit tout gentil et une boule de glace à la fraise. Frais, simple, direct, circulez. Le clafoutis, servi dans un petit ramequin, arrive tout beau tout bronzé. Ses cerises ont encore leur noyau, elles se laissent faire sans barguigner, c'est une bonne réussite pour un dessert archi conventionnel mais si prompt à décevoir... Et voilà. Avec une bouteille de vin du Languedoc et un café (servi avec ses mignardises), on arrive à un total de 45 euros par personne. Le décor est agréable, le service attentionné - il faut bien dire qu'en plein mois d'août dans le quartier, le restaurant était aussi plein qu'un hall de gare dans un film de Sergio Leone. Donc elle est sympa, cette Villa Victoria. Mais n'y allez pas pour sa piccata.

52 rue Lamartine, Paris IX, M° Notre-Dame de Lorette, 01 48 78 60 05.

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par Kaplan publié dans : Le resto
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Jeudi 9 août 2007
Bien ignorant est-il de son intime condition, celui dont les narines n'ont pas frémi au doux vent des Flandres, celui dont l'oreille n'a pas roulé sur le rugueux accent wallon ! Bien pauvre est-il, celui qui n'a pas arpenté lentement les rues de Bruxelles, celui qui ne s'est pas laissé aller aux rêveries mélancoliques sur les canaux de Bruges ou n'a pas craché sa rage à la Mer du Nord dont les embruns venaient lui fouetter le visage en une sourde mélopée ! Oui, je le clame ici, un homme ne peut connaître sa vraie mesure tant qu'il n'a pas affronté, le regard haut et clair, les terres humbles et majestueuses de Belgique, tant qu'il n'a pas réchauffé son âme à l'accueil providentiel de ses habitants, tant qu'il n'a pas humecté ses lèvres aux sources de Grimbergen ou de Saint-Feuillien, tant qu'il n'a pas rassasié sa faim au comptoir d'une brasserie enfumée, à l'air embaumé par les moules marinières et où ça sent la morue jusque dans le coeur des frites !

Ah oui, grand créateur, comme je te loue d'avoir donné au jouisseur et au poète cette terre de Belgique où même la gaieté est triste ! Où les mains des hommes empoignent des chopes comme d'autres empoignent des croupes, où le coeur se met au diapason du ciel bas et gris d'un automne éternel ! Ah, comme je te loue d'avoir créé ces bistrots généreux, ces cafés débordants, ces confiseries charnues où le chocolat tourbillonne et où les gaufres croustillent comme si elles avaient été dorées par un souffle apollonien ! Jupiter lui-même ferait taire ses nuées s'il se laissait gagner par l'infinie douceur de ce pays confortable comme le berceau d'un prophète.

Bon, j'arrête mes conneries. Tout ça pour dire qu'il y a dix jours le Kaplan Circus est allé passer un week-end à Bruxelles et que c'était très, très sympa. J'ai beaucoup d'attachement pour cette ville, qui dégage une ambiance et un rythme très particuliers. Il y a une certaine douceur de vivre à Bruxelles, une vraie chaleur, malgré son côté de bric et de broc, son architecture éclatée et ses airs de Babel européenne. Il y a des petits troquets vraiment accueillants et dont la qualité n'a rien à envier à pas mal d'adresses parisiennes (je recommande notamment le Belgo-Belge, rue de la Paix, et bien sûr, le Spinnekopke). Il y a des glaces au speculoos, des cheesecakes au speculoos, et des hot dogs à la saucisse de morteau sur le marché St-Gilles. Il y a des bières par centaines, des boutiques de meubles ouvertes même le dimanche et des thermes où l'on peut se prélasser pendant des heures (sauna, hammam, jacuzzi, piscine chauffée...) pour seulement 19 euros. Il y a des appartements beaux et spacieux qui coûtent la moitié d'un placard parisien. Il y a de vastes parcs où l'on peut pique-niquer au soleil lorsqu'il fait beau temps - et oui, cela arrive parfois, en Belgique. Il y a enfin, de vrais amis qui vous accueillent les bras ouverts lorsque vous débarquez sous leur toit. Et tout ça, à seulement une heure et vingt minutes de Paris. Merci à Ryme et à Antonio pour leur accueil. Et que résonne la Brabançonne !
par Kaplan publié dans : La sortie
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Vendredi 3 août 2007
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Le temps m'est compté, je dois partir dans quinze minutes direction l'Auvergne et ses verts pâturages, mais avant il faut que j'écrive quelques mots sur Ratatouille, que je suis allé voir hier soir. Je commencerai en disant qu'il y a aujourd'hui un auteur, un grand cinéaste méconnu, qui mérite d'être salué pour la qualité constante de son oeuvre. Cet homme s'appelle Brad Bird, on lui doit Le Géant de Fer, Les Indestructibles (déjà avec Pixar) et aujourd'hui, Ratatouille. Oui, Brad Bird travaille dans l'animation. Mais c'est un cinéaste, un vrai, avec un ton, un sens du rythme, un tempo narratif, une qualité de mise en scène qui n'a rien à envier aux réalisateurs qui travaillent sur pellicule. Brad Bird sait raconter des histoires. Créer des personnages attachants et à multiples facettes. Mêler le rire, l'émotion, l'action et le suspense dans une même intrigue. Délivrer des messages universels et évidents tout en subtilité. C'est un conteur efficace et raffiné, qui met la technologie au service de son propos, et non l'inverse. Après l'animation traditionnelle du Géant de Fer, Brad Bird est passé à la 3D avec les prodiges de Pixar, qui ne cessent de prouver, film après film, leur incroyable talent.

Avec Ratatouille, Brad Bird franchit un nouveau palier et signe un film complet, une fable extraordinaire qui s'adresse à tous, à tous les âges. Un film qui parle de passion, de goût, de don de soi et d'ouverture aux belles et bonnes choses de la vie, sans minauderie ni mièvrerie, mais avec pertinence et sincérité. C'est un film qui nous dit que le beau est à portée de qui veut le voir. C'est un film qui nous dit que chacun peut produire du beau et du bon s'il lui est donné la chance de trouver sa voie - et de la suivre.
Oui, c'est l'histoire d'un rat passionné de cuisine, un rat surdoué qui doit franchir tous les obstacles pour réaliser son rêve. Mais ce rat c'est vous, c'est moi, et c'est tout le monde lorsque les lumières de la salle se rallument. Ce rat, c'est celui qui sait que la vie ne vaut d'être vécue qu'en savourant ce qu'elle a à nous offrir, et en le rendant au centuple.
Au passage, ce film d'animation américain nous sert une ode merveilleuse au goût, à la gastronomie, aux plaisirs terrestres et au partage. Peu de films réussissent à vous faire saliver de la sorte. C'est Le Festin de Babette avec des pixels, avec un Paris de rêve pour toile de fond, et avec un rongeur pour héros. C'est un film si généreux, si évident, si abouti que j'en suis sorti avec une pêche d'enfer, et surtout l'envie d'un bon gueuleton. Allez le voir. Bon week-end à tous.
par Kaplan publié dans : Le film
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