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Lundi 17 septembre 2007
En réponse à votre abondant courrier, et en particulier à la lettre émouvante de Jean-Gilles de Belfort , je tiens à rassurer tous les lecteurs du Blog de Kaplan (ou "Kaplog", tiens, ça fait trop staïle comme titre) : non le propriétaire des lieux n'est pas mort, il n'a pas rangé les claviers au vestiaire, c'est juste qu'il se noie facilement dans un verre d'eau, surtout si ce n'est pas de l'eau. Alors en ce moment, soit il y a trop de verres, soit il y a trop d'eau, mais ce n'est vraiment pas facile de trouver le temps d'écrire ne serait-ce qu'une petite critique ciné, un billet d'humeur, un hommage vibrant aux dieux du stade ou  une chronique de resto. Pour paraphraser une blogueuse célèbre, la vie est une jungle. Mais comme de temps en temps il est bon de faire une petite mise au point, ou une mise à jour, je reviens brièvement sur tout ce qui s'est passé ces dernières semaines en off.

- L'Etna qui commence à s'énerver deux jours avant notre départ de Sicile, et qui crache sa colère à peine avons-nous remis le pied sur le sol français. J'étais là ! (et non, je n'ai pas oublié le résumé du viaggio, ça vient piano piano)...

- Les Fêtes de Bernède, le village où j'ai grandi, 200 habitants en pic de saison, des hectolitres d'alcool partagés avec de vieux amis, la messe du dimanche avec la gueule de bois et la fanfare municipale qui claironne comme au bon vieux temps. J'étais là !

- Le week-end de fou à Marseille : match de rugby Italie-All Blacks au Vélodrome, le haka en direct, le frisson de la légende, le soleil qui tape sur nos caboches, des supporters néo-zélandais par milliers, un Italie-France (du foot, cette fois) sous haute tension dans un pub plein à craquer,la fiesta toute la nuit, le déjeuner du dimanche dans une petite calanque, le poisson frais avé l'assent, le petit plouf qui fait du bien et le retour (dur) sur Paris. J'étais là !

- Le retour rue Keller après des mois d'absence. La grosse déconvenue de France-Ecosse. Oubliez Trezeguet et brûlez le Parc des Princes. C'est encore loin, l'Euro 2008 ? Bon, on reprend une pinte ou bien ?... J'étais là !

- Le roman que je n'aurais jamais dû acheter, Journal d'une Femme Adultère, par Curt Leviant. Les critiques annonçaient du Woody Allen pimenté d'érotisme, j'ai trouvé un livre, long, bavard, convenu, répétitif, et au final, bien peu excitant. A noter que juste avant, j'avais relu Noces d'Albert Camus : la mer, le soleil, les femmes, la fraternité, la confrontation éternelle des hommes et des dieux sur cette terre si cruelle et si belle. Et l'Algérie, surtout. J'étais là !

- Caramel au cinéma : Venus Beauté au Liban, ou la condition des femmes à Beyrouth. Un film aimable, qui se voit et s'oublie, porté par la présence et le charme de l'actrice et réalisatrice Nadine Labaki. J'étais là !

- L'inauguration des Apéros de la Tribu : le contre-pouvoir aux sinistres Apéros du Jeudi s'organise grâce à la volonté de JC Quilez. Une première assez réussie, en bonne compagnie, au Péché Mignon, près de Bastoche. Suivi d'un gueuleton au Wok, rue des Taillandiers, adresse au concept marrant mais au résultat anecdotique. J'étais là !

- Les 33 ans de Mr Ron, rue des boulets. Une Wii, des wizz, des bises. Une bien belle soirée, trop bu, pas assez mangé. Un réveil compliqué.  Et le dimanche après-midi : retour au KFC ! Pas le fast food, le club de foot. Victoire 8-3, une correction. On est les champions. Le soir chez Brother, retour en forme du XV de France après digestion difficile de la grosse entrecôte argentine : victoire 87-10 sur la Namibie. Bon, ça prouve rien, mais ça fait du bien. J'étais là !

- Coming Next : Champion's League, Ian McEwan, Paul Auster au cinéma, crémaillère à Bagnolet, des articles en pagaille, une mise en ligne, Nevi's Birthday et plein de bonnes choses à boire et à manger. Je serai là !
par Kaplan publié dans : Ce que j'en dis...
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Vendredi 7 septembre 2007
equipe-france-maillot-2007.jpg
Vingt équipes, six-cents joueurs, des milliers du supporters dans nos stades et des millions de téléspectateurs aux quatre coins du monde (ou presque). C'est parti pour la sixième Coupe du Monde de rugby, qui démarre ce soir et s'achèvera le 20 octobre prochain au Stade de France. Un événement sportif certes bien moins médiatisé qu'une Coupe du Monde de foot ou que des Jeux Olympiques, mais une grande fête tout de même. Le rugby, sport méconnu et complexe, débarque dans nos salons avec ses gros crampons, ses ruades enflammées et ses accents ensoleillés. Brutal, tactique et éprouvant, ce sport à part joue à domicile et gagne enfin l'occasion de sortir du cercle restreint des initiés pour gagner une fois pour toutes le coeur du grand public. Le rugby, c'est toute une culture, tout un état d'esprit, des chants de Twickenham au haka des All Blacks, des bandas de Gascogne aux cornemuses écossaises. De la violence sur le terrain et du fair play au dehors. Des stades qui ne sifflent pas l'adversaire et des joueurs qui s'applaudissent. Le rugby, c'est comme le veut l'adage, "un sport de voyous pratiqué par des gentlemen". Ou bien l'inverse ? Pour une approche amusante et documentée de ce monde sévèrement burné, je vous renvoie au blog de Serge Simon, ancien pilier de Bègles et du Stade Français.

A l'heure d'entrer en scène (elle dispute son premier match dès ce soir face à l'Argentine), l'Equipe de France a une lourde pression sur les épaules : gagner enfin, chez elle, cette Coupe du Monde dont elle a déjà perdu par deux fois la finale. Face à l'impressionnante machine néo-zélandaise et face à l'opposition de grandes équipes comme l'Australie, l'Angleterre et l'Afrique du Sud, le XV de France ne fait pas figure de favori indiscutable. Mais il joue à domicile, devant son public, avec son coeur et ses tripes, avec la fierté des guerriers. Bref, pour les Bleus, l'espoir est permis. A eux de faire vibrer et chanter tout notre pays. Bienvenue en ovalie.

http://fr.rugbyworldcup.com
par Kaplan publié dans : Le match
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Jeudi 6 septembre 2007
Pava.jpg
Le silence et le rideau. L'orchestre a posé les instruments. C'est terminé, Luciano Pavarotti ne fera plus sonner ses éclats de voix argentins sur les scènes du monde. Il s'est éteint cette nuit à 71 ans, victime d'un cancer du pancréas. C'est une légende qui disparaît, un géant né avec un don du ciel, une voix unique au monde reconnaissable entre toutes. La musique perd l'un de ses plus remarquables serviteurs avec ce ténor magnifique, à la silhouette généreuse et au charisme exceptionnel. Je suis infiniment triste ce matin, car c'est l'humanité entière qui se retrouve orpheline. Elle vient de perdre l'un de ses trop rares prodiges, un homme qui a voué sa vie à l'art et à la beauté. Mais les oeuvres qu'il laisse derrière lui, heureusement, demeurent. Ciao maestro.

www.lucianopavarotti.com
par Kaplan publié dans : L'info
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Mercredi 5 septembre 2007
Buongiorno tutti. Le blog repart, piano piano. Je suis de retour de Sicile, avec du soleil plein les yeux, des pâtes plein le ventre et de la variété italienne plein la tête. Cette fois c'est certain, je me fendrai d'un topo complet sur ce voyage court mais riche en émotions, photos à l'appui. Mais avant cela, reprendre son rythme parisien, ce n'est pas une mince affaire. Boulot, métro, ma non troppo. Et alors que l'Etna fait gronder sa colère (mais je vous jure, je n'y suis pour rien, même si je suis allé y faire un tour il y a huit jours), moi je me reglisse dans l'ambiance douce-amère de la rentrée des classes.

Tiens, parlons-en, d'ailleurs, de la rentrée ! Hier soir en rediffusion sur Canal+, j'ai regardé un documentaire absolument édifiant : Education Nationale, un Grand Corps Malade. Enorme travail de recherche et d'investigation de la part de ses auteurs, Jean-Philippe Amar et Emmanuel Amara, qui ont enquêté pendant un an au sein de l'appareil éducatif français, de la maternelle à la fac, rencontrant enseignants, syndicalistes, inspecteurs, ministres et anciens ministres... Le résultat est assez impressionnant et pour tout dire, plutôt inquiétant. Le manque de vision et de cohérence dans les "stratégies" menées par les gouvernements successifs, l'incapacité à définir une politique éducative claire, harmonieuse et juste pour tous les enfants, le manque de débouchés pour les universités, les contradictions entre les différents syndicats, les tensions à la tête du dispositif technocratique et bureaucratique (le film va jusqu'à suggérer que le ministère est en fait dirigé par une junte de quelques centaines de personnes, qui méprisent les profs et emmerdent les ministres), tout cela concourt à dégrader notre système d'éducation, l'un des piliers de la République sans lesquels rien ne peut tenir debout.

Les premières victimes de cette indigence sont bien entendu les gosses, dont le niveau s'appauvrit d'année en année jusqu'à atteindre un point critique, mais aussi les profs, qui sont souvent livrés à eux-mêmes, obligés d'appliquer des consignes parfois ahurissantes, et sur les seules épaules desquels dépend la qualité d'apprentissage des élèves. A titre personnel, j'avoue que si l'avenir des gamins m'a beaucoup préoccupé en voyant ce film, c'est la condition des profs qui m'a vraiment ému. En voyant la façon dont certains se débattent pour faire leur boulot dignement, pour tirer les élèves vers le haut contre vents et marées, je me suis dit qu'ils doivent parfois se sentir bien seuls. Aujourd'hui, l'école semble dépendre en grande partie des qualités individuelles de certains enseignants dévoués et compétents, qui gardent une haute idée de leur mission. Pour le reste, il y a largement de quoi être pessimiste.

A l'heure où le Président lance son nouveau "grand projet" pour l'enseignement, qui fait l'objet d'une lettre écrite par la plume exercée d'Henri Guaino - lettre qui fait grincer des dents chez les syndicats, mais le contraire serait étonnant - et annonce le non renouvellement de 11 200 postes d'enseignants, on peut selon toute vraisemblance continuer à s'inquiéter pour l'avenir de notre système éducatif. 
par Kaplan publié dans : L'info
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