http://www.liberation.fr/rebonds/300610.FR.php
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81015
"I pretended to be somebody I wanted to be until finally I became that person. Or he became me." Cary Grant

Pas vraiment mes derniers coups de fourchette, puisque je m'apprête à rejoindre mon Sud-Ouest natal où pour les fêtes de Noël on mange du foie gras au petit déjeuner... Je veux parler ici des
derniers restaurants testés avant 2008, trois adresses visitées ces dernières semaines, qui viennent clore une année de découvertes culinaires plus ou moins heureuses. J'espère que celle à venir
sera encore plus riche et plaisante, et pas seulement sur ce plan...
- La Marlotte. Le lieu était sur mes tablettes depuis un certain temps, j'avais lu plusieurs bons avis à son sujet depuis sa reprise en 2007, et le passage du chef dans
l'émission de Petitrenaud a encore plus aiguisé ma curiosité. A l'occasion d'une réunion d'anciens collègues frétillants de la fourchette (et pas seulement !), j'ai donc essayé ce resto proche de
Saint-Germain, au cadre un peu désuet et au service assez guindé. Cuisine plaisante, jouant à fond le jeu de la fraîcheur avec une ardoise du marché, axée bistrot avec sa charcuterie, son
andouillette, son boudin noir... Déception en entrée (les charcuteries corses "Pascal Flori" étaient aux abonnés absents) rattrapée par un excellent pâté en croûte de volaille au foie gras
et pistache et une sympathique terrine de campagne. Du bon produit, suivi par une spectaculaire côte de boeuf pour deux personnes (Hereford Prime Ireland) particulièrement savoureuse et une côte
de porc noir de Bigorre de belle qualité mais vraiment de taille fillette, le tout accompagné de frites maison servies dans un cornet fort original. Rien à redire, c'est de bonne facture, mais ça
reste quand même un peu "en dedans", ça manque de franchise et d'élan, tout comme l'assiette de fromages "de chez Quatrehomme", qui pour tout de même 9 € ne vous propose qu'un morceau de
camembert et de la tête de moine émincée. De qualité certes, mais on reste un peu sur sa faim. Finalement la cuisine est à l'image du lieu, soignée mais figée. Nous avons quand même passé une
bonne soirée, aidés par les coupes de champagne, les deux bouteilles de vin (honte à moi, j'ai totalement oublié de les noter) et les digestifs (une prune remarquable) qui ont tout de même fait
grimper l'addition aux alentours de 75 € par tête... Je vous rassure, avec un menu midi à 23 € et en se surveillant un peu, on peut y manger pour beaucoup moins cher.
55 rue du Cherche-Midi, Paris VI, M° Sèvres-Babylone, 01 45 48 86 79. Site
- L'Auberge Aveyronnaise. Un samedi soir à Paris, en totale impro, trouver un lieu pour manger entre le Marais et Châtelet, un endroit accueillant où l'on ne va pas nous assommer
pour manger de la merde. Pas si simple... C'est comme ça qu'on se retrouve à l'Auberge Aveyronnaise, près du Forum des Halles, entre le Pied de Cochon pris d'assaut et la Taverne de Maître
Kanter. Le patron, sympathique, nous dégotte une table vite fait, on s'installe sur la banquette, les coudes posés sur la nappe à carreaux. La bouteille de Chinon nous fait du bien. Passons sur
les entrées, anecdotiques : salade du Rouergue et rillettes de truite. En plat, une belle saucisse à l'aligot, généreuse, l'aligot servi comme il se doit à la grande louche... Il faut avoir un
solide appétit. Pour ma part, un suprême de pigeon sauce au foie gras, servi sur petits légumes. Un plat qui a du caractère, à défaut d'avoir du génie. En dessert, on partage (à quatre !) un
morceau de l'énorme mille-feuilles qui trône à l'entrée du bistrot tel une promesse de revenez-y. Malgré le gigantisme de la portion, le gâteau, lui, n'a rien d'impérissable. On s'en sort pour
une quarantaine d'euros à deux... Bref, une adresse de dépannage, avec un bon accueil, mais certainement pas un immanquable.
Rue coquillière, Paris I, M° Halles.
- Le Petit Lutetia. Cela pourrait devenir une habitude : nous voici rue de Sèvres, un samedi à la mi-journée, saisis par le froid, malmenés par la faim. Nous repassons devant le
Petit Lutetia, cette brasserie déjà visitée en soirée, il y a deux ou trois mois, et qui nous avait laissé une impression mitigée, malgré le charme du lieu (déco Art Nouveau). Nous nous
engouffrons. Vingt minutes d'attente, nous buvons un petit verre de muscadet au comptoir, les habitués du quartier finissent leur repas, on est bien dans cette ambiance bruyante et bouillonnante
tellement 1900. C'est l'heure de passer à table. Je prends six belles huîtres de Bretagne, des N°2, charnues et iodées à souhait, pendant que Mrs Kaplan se régale d'une belle salade au chèvre
chaud pétillante de simplicité et de fraîcheur. Pour rester sur le vin blanc nous partageons un Sancerre, avant de nous attaquer avec gourmandise à un demi-faisan rôti sur lit de choux : un vrai
plat de saison, du gibier et du chou, c'est tout simplement magnifique. Le pain est bon, le vin se déguste sans soif, le service est aimable, le temps s'arrête dans ce lieu au charme suranné.
L'addition ? 46 € par tête. Un peu cher : on paie le décor, on paie le quartier, mais on s'offre aussi un authentique instant de délice. On y reviendra. Souvent.
107 rue de Sèvres, Paris VI, M° Vaneau, 01 45 48 33 53.