
Le week-end dernier donc, c'était la seconde édition de notre tour européen des capitales du foot. Un week-end résolument placé sous le signe de la débauche et du lavage de cerveau, mais autant
l'avouer, ça remet les pendules à l'heure. Les miennes en tout cas. Quatre jours à Manchester en compagnie d'énergumènes peu fréquentables, à l'issue desquels je peux vous donner, en toute
objectivité, CINQ bonnes raisons d'aller visiter cette ville du Lancashire. Les voici.
1) L'expérience sportive. Pour tout amateur de football, ou du moins d'ambiances viriles mais correctes, un passage par Old Trafford est exigé. Stade grandiose pouvant accueillir
plus de 70 000 spectateurs, il était ce week-end le théâtre d'un match de Coupe d'Angleterre entre "Man U" et Portsmouth. Chose étonnante, ce sont les quelques milliers de supporters de Portsmouth
qui ont fait le show, surtout lorsque leur équipe a marqué le but décisif sur penalty. Il faut entendre au moins une fois un stade anglais gronder de milliers de voix en délire. Ce passage par le
stade nous a permis de côtoyer les spectateurs anglais de près (ça vaut son pesant d'or), d'observer quelques joueurs de grande classe (Rooney, Ronaldo, Evra, Tevez, et j'en passe), et d'admirer
aussi toute la place historique que le club occupe dans la culture locale, du drame des
Busby Boys en 1958 aux fulgurances de George Best, de Cantona (qui a encore des souvenirs à sa
gloire alors qu'il est parti il y a plus de dix ans) à Beckham, du triplé mythique de 1999 à la légende encore en marche de l'entraîneur Alex Ferguson. Un temple du ballon rond, un vrai.
2) L'expérience anthropologique. Ah, les Anglais. Si loins, si proches. Il faut les voir, brandir des doigts d'honneur en famille aux supporters de l'équipe adverse. Il faut les
entendre, chanter non stop pendant 90 minutes des chants à la gloire de leurs anciens. Il faut les admirer, ivres morts, dans les rues de la ville, le samedi soir. Et les Anglaises. Il faut les
voir, perchées sur leurs talons hauts, moulées dans leurs jupes trop courtes, prendre des poses extravagantes sans aucune forme de retenue. Vulgaire ? Sans doute. Mais il y a de la liberté aussi,
chez ces clones de Victoria Beckham qui s'affranchissent de toutes les règles du bon goût pour brûler la chandelle par les deux bouts.
3) L'expérience culinaire. Traverser la Manche, c'est plonger dans le grand inconnu de la gastronomie. Car en Angleterre, on ne recule devant rien lorsqu'il s'agit de tenter des
innovations aux frontières du réel. Beaux joueurs et courageux, nous nous sommes pliés aux règles locales, allant même jusqu'à tester les fameux
pies (tourtes), pièces montées improbables
farcies à on ne sait trop quoi, débordant de sauce et de saveurs sacrilèges. Tout simplement incroyable. A Manchester, un simple
breakfast reste la valeur la plus sûre, et un hamburger se
fait plus rassurant qu'un risotto aux courges. Je ne hais rien tant que les clichés, mais celui-ci a de beaux jours devant lui : l'Angleterre n'est décidément pas le pays où l'on mange.
4) L'expérience climatique. Manchester a la réputation d'être l'une des villes les plus pluvieuses de Grande-Bretagne, et cette réputation n'est pas usurpée. Même si ce court
séjour nous a gratifiés d'agréables éclaircies (rien de tel qu'un ciel lavé de pluie et percé de quelques rayons de soleil pour réveiller le poète qui sommeille en vous, sous les litres de bière),
la météo a été très
old school : vent et pluie à tous les étages, y compris pendant le match. Quoi de mieux pour vous intégrer direct et pour vous précipiter dans le pub le plus proche ? A
Manchester, les parapluies sont blindés et les capuches sont vos meilleures alliées. Mais c'est ce qui fait le charme du lieu,
isn't it ?
5) L'expérience culturelle. Vous l'aurez compris, la vocation du week-end n'était pas de visiter des musées. Mais il faut bien admettre que la ville ne regorge pas de trésors
inestimables. Mis à part le
Imperial War Museum ou la
John Rylands Library (que nous n'avons pas visités, à mon grand regret), les sites les plus remarquables semblent être la
Cathédrale (gothique) et l'Hôtel de Ville (gothique victorien). Du point de vue de l'urbanisme, on ne peut pas dire que Manchester regorge de splendeurs architecturales, et si au détour d'une rue
on peut trouver un immeuble de charme (la beauté se trouve où qui sait la chercher...), la banlieue témoigne tristement du passé industriel de la région. C'est finalement dans un vieux pub comme le
Old Wellington, qui date de 1552, que l'on a le plus de chances de s'imprégner de la culture locale. Avec ses colombages et ses plafonds bas, avec ses boiseries et ses fauteuils au cuir
usé, il dégage un charme suranné qui en a instantanément fait notre Q.G. pendant quatre jours. Quelques amis, une bière ambrée, dans un lieu
cosy chargé d'histoire... C'est aussi un
enrichissement, non ?
Petit commentaire sur l'unique partie "féminine" de ton post, même si c'est pas le sujet principal ;)
Sans rentrer dans le débat de la vulgarité, d'une façon générale les anglo-saxonnes, portent beaucoup plus de talons et de jupes que les Françaises. Pareil à New York : on réapprend la féminité. En France, porter une mini est souvent perçu comme de la vulgarité. Résultat les françaises en arrivent à des aberrations du genre porter des jeans sous les jupes, incroyable !! Hum voilà...