Au risque de tendre une vilaine perche aux amateurs de mauvais jeux de mots, j'avancerai que l'un de mes plus grands plaisirs, c'est d'élargir le cercle de mes connaissances. Rencontrer de
nouvelles personnes, entendre de nouveaux sons de cloches, déplacer des frontières, renverser des clichés, s'imprégner d'autres modes de vie, chercher des connivences, éveiller des curiosités, être
à l'écoute... C'est ce que j'essaie de faire, dans ma vie privée et autant que possible dans ma vie professionnelle. C'est mon remède contre l'hostilité du monde et les vicissitudes du quotidien.
Souvent bien sûr, ces bonnes intentions se heurtent à la méfiance, la paresse et la routine - les miennes, celles des autres. Mais il faut savoir parfois abaisser sa garde, éteindre le GPS qui nous
oriente sur les autoroutes de la vie pour emprunter le nez en l'air les chemins de traverse, et peut-être croiser quelqu'un chez qui on va déceler une fraternité possible, ou du moins une
complicité, une entente, un partage. Malgré ce que certains voudraient nous faire croire, je suis persuadé que les nouveaux outils du web permettent ces échanges. Les réseaux sociaux, les blogs,
les messageries instantanées, tout cela permet de fendre un peu les armures, d'amorcer des liens, de créer des empathies. Le tout, c'est de ne pas s'arrêter là. Car rien ne vaudra jamais le plaisir
d'un rire, d'un regard, d'une conversation animée ou feutrée autour d'un verre, d'un bon repas ou au coeur d'une fête endiablée. C'est ainsi que naissent et s'entretiennent aussi les amitiés.
Malgré les baisses de régime et les coups de pompe qui surgissent fréquemment dans nos modes de vie citadins, il faut toujours chercher cela : le plaisir de partager, d'être ensemble, de vivre des
émotions. C'est en tout cas, mon vrai moteur.
Vous allez dire que je ramène encore tout au football mais je prends cet exemple. Hier soir, j'ai quitté le bureau plus tôt que d'habitude, et j'ai traversé la rue pour assister au match République
Tchèque / Portugal au
Bistrot de Longchamp, quartier général des Lusitaniens de Paris (enfin, l'un des quartiers généraux... car Paris est la deuxième ville portugaise au monde, à ce qu'on
dit), dont je suis un habitué depuis plus d'un an et dont les patrons sont des plus chaleureux. Victoire du Portugal, 3-1 : autour de moi, à chaque but, à chaque instant fort, des cris, des chants,
des sauts, de la joie. Des drapeaux qui s'agitent, sans nationalisme bas du front ; des verres qui se vident, sans besoin de se montrer agressif pour autant ; des assiettes d'amuse-gueule qui
passent de table en table. L'espace d'un instant, nous n'étions plus dans une rue huppée du XVIème arrondissement, nous étions dans les faubourgs de Lisbonne ou Porto, et moi, j'étais des leurs.
J'étais comme la petite mamie qui avait son bandeau
Selecçao dans les cheveux et son sifflet à la bouche, j'étais comme le gamin qui avait des étoiles dans les yeux sur le but de Cristiano
Ronaldo. C'était une communion fugace, primaire peut-être, mais c'était du bonheur. Après cela, rien de tel pour conclure la journée qu'un tête-à-tête dans l'une de mes cantines italiennes
préférées. Un plat de spaghettis à l'encre de seiche, une bouteille de chianti, un tiramisu partagé. Encore des choses simples, mais si belles, si évidentes, qu'elles vous emplissent le coeur et
l'âme. Savoir apprécier les joies petites et grandes que ce monde a à offrir, c'est aussi mon vrai moteur.
Voilà, c'était l'instant
"peace & love" offert par le Blog de Kaplan. On se quitte en musique pour rester dans le
mood.
C'est pour ça qu'on t'aime Kaplan !
Bises