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L'info


Vendredi 26 juin 2009
Bon, on ne va pas en faire des tonnes, tous les médias en mettent assez de couches comme ça. Mais bon sang, quand même. Michael Jackson. Mort à 50 ans. Eteint à jamais. Ce type qui a révolutionné la pop, qui a fait danser le monde entier, qui a été tout simplement le gars le plus cool de la planète au début des années 80, est parti. Cela faisait quelques années qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même, mais pour tous ceux qui ont, comme moi, grandi dans les années 70 et 80, il restera le petit prodige des Jackson Five et le jeune homme éblouissant de Off the Wall et Thriller (j'avoue que j'ai commencé à décrocher avec Bad). J'étais en train de bosser sur mon ordinateur hier soir quand la nouvelle est tombée - d'abord qu'il était hiospitalisé, puis qu'il était mort - et j'ai vu l'effet "traînée de poudre" sur Twitter, puis sur Facebook. Ou comment les réseaux sociaux et les nouveaux modes de communication se mettent à l'unisson pour créer une communion autour d'un événement et d'un personnage qui a influencé plusieurs générations dans le monde entier. Ce qui est troublant, c'est que je lui ai consacré deux "My mood, my Tune" ces derniers mois : d'abord I Want You Back pour ses 50 ans, puis son duo avec Paul Mc Cartney suite à une soirée très 80's dans un bar près de Madeleine. Même artistiquement mort depuis des années, Michael Jackson ne nous a jamais quittés. Ses chansons sont là pour toujours.

Par Kaplan
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Mardi 9 juin 2009
"Grand vainqueur" des élections européennes de ce dimanche, Daniel Cohn-Bendit a le vent en poupe. L'homme a du bagout, des arguments, des idées, de l'expérience, et surtout il apporte un discours nouveau, un style nouveau, sur la scène politique française. Qu'on l'aime ou pas, qu'on ait voté pour lui ou pas, il est indéniable que Cohn-Bendit a trouvé un écho dans la société française - sur les questions écologiques, mais aussi sur les questions européennes, sociales et sur les possibilités d'alternance à la droite. Invité d'honneur du journal Libération, il a livré une interview intéressante où il parle de ses ambitions, ses projets, ses vues pour l'avenir (de la gauche notamment). C'est l'homme du moment.

Par Kaplan
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Vendredi 5 juin 2009
Débat hallucinant hier soir dans l'émission A vous de juger, sur France 2. Noms d'oiseaux et attaques au ras du sol entre Bayrou et Cohn-Bendit, éructations haineuses de Marine Le Pen, brasse coulée de Xavier Bertrand, énervements inopinés de Mélenchon et Villiers, accusations paranoïaques du trio Bayrou-Le Pen-Villiers contre la liberté des instituts de sondage et l'indépendance des journalistes du service public... Les seuls à s'en être sortis à peu près dignement (comprendre par là qu'ils n'ont insulté ni la présentatrice, ni les autres politiques...) sont Aubry et Besancenot. Bref, la politique française n'était pas loin de toucher le fond hier soir. Alors que ces élections européennes devraient être marquées par une abstention record, il ne fait pas de doute que l'émission d'hier soir ne devrait pas motiver davantage les citoyens pour se rendre aux urnes. Pour ma part, dimanche, j'irai voter, bien que mon choix ne soit pas encore tout à fait arrêté. Mais après le spectacle navrant d'hier, je sais plus que jamais pour qui je ne voterai pas.



Par Kaplan
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Jeudi 4 juin 2009
Allez, je m'offre un instant vieux con. Je ne sais pas ce que je trouve le plus risible, le plus nul, le plus pathétique dans la décision de la chambre sociale de la Cour de cassation de considérer les anciens participants à L'île de la Tentation comme des salariés dont le CDI n'aurait pas été respecté, et d'obliger la société TF1 Production (anciennement Glem) à les indemniser. Bien sûr, c'est toujours assez réjouissant de voir les prods et les chaînes prises à leur propre jeu, elles qui usent et abusent des programmes racoleurs et pressent de crédules anonymes comme on presse des oranges. Bien évidemment, il y a des abus qui sont commis dans les coulisses de ces émissions, et il est normal de les punir. Mais le fait de considérer ces candidats comme des "salariés" soulève des questions. C'est un boulot, maintenant, de poser son cul sur une île pour draguer des gens ? C'est un boulot, de traîner dans un loft ou bouffer des araignées à Koh Lanta ? Le signal envoyé aux jeunes générations, déjà saturées de télé-réalité, de programmes vulgaires et de gloire facile, est on ne peut plus clair : oui, désormais, de la vacuité, de l'ignorance, du culte du corps le mieux refait et de la plus grande gueule, de l'esprit de compétition, du vide absolu, on peut faire un métier. Nos gosses voulaient déjà tous (ou presque) passer à la télé pour avoir leurs 15 minutes de gloire ou gagner le pactole en faisant tourner une roue. Ils rêvaient déjà tous de devenir chanteur ou danseur, de faire la Nouvelle Star ou la Star Ac. Désormais ils voudront juste être tentateurs. Autant dire, rien, moins que rien. C'est nul.
Par Kaplan
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Mercredi 6 mai 2009
Happy Birthday, Mister President. Deux ans au pouvoir. Encore trois avant la fin de son mandat, et sans doute cinq de rab' si la gauche ne se secoue pas. Nicolas Sarkozy, même s'il préfère se lancer dans la campagne européenne à Nîmes, ne peut pas faire l'impasse sur ce "bilan" que les autres politiques et les médias ne vont pas manquer de tirer à sa place.

Je vous invite à lire deux papiers intéressants sur le site du Monde, qui résument à peu près mon impression sur ces "années Sarko" que nous sommes en train de vivre : cet édito et cette chronique. Quant à son bilan qui ne fait guère vibrer les Français pour l'instant (un sondage indique que 67% des personnes interrogées estiment qu'il "n'apporte pas de solutions aux problèmes" du pays), il est détaillé ici, toujours sur le site du Monde.

Pour faire bonne mesure, voyons un peu ce que pensent nos voisins britanniques de notre cher Président. Toujours de mauvaise foi, ces Anglais, même lorsqu'ils écrivent dans le Times ! Plus mesuré, Pierre Moscovici était ce matin l'invité de France Info, et il donnait lui aussi son impression sur ces deux premières années de présidence Sarkozy. Un avis plutôt mesuré, structuré. Pour moi, la meilleure manière de s'opposer.

Mon avis perso ? Vous le connaîtrez dans trois ans. A l'heure du vrai bilan.
Par Kaplan
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Jeudi 16 avril 2009
Il y a des guerres et des génocides qui soulèvent l'indignation de la communauté internationale, des mass medias et des stars d'Hollywood. Il y en a d'autres qui se déroulent dans un silence assourdissant et une indifférence polie. C'est le cas de ce qui se passe actuellement au Sri Lanka, où le gouvernement cinghalais mène une politique de répression (appelons ça une guerre) extrêmement violente envers la population tamoul tout en excluant les observateurs de l'ONU et les journalistes étrangers... sans que cela soulève davantage qu'une protestation aphone. Les revendications indépendantistes des Tamouls (ou du moins des Tamouls du Nord)  ne datent pas d'hier, pas plus que le bras de fer entre le pouvoir de Colombo et les Tigres tamouls, qui forment le noyau dur de la rebellion. Mais depuis début 2008 et la rupture de l'armistice, la situation n'a fait qu'empirer dans le pays (3000 victimes en trois mois et 100 000 civils pris en otage dans le nord du pays d'après l'ONU, assassinat de journalistes tamouls...), sans trouver d'écho médiatique conséquent ni de soutien massif sur la scène internationale. Jusqu'à ces derniers jours : les manifestations de soutien aux Tamouls commencent à se multiplier, à Londres comme à Paris. Mais la couverture médiatique et la réaction des politiques occidentaux reste bien timide, alors même que le gouvernement de Colombo refuse toute proposition de cessez-le-feu.

Au-delà de la dureté de la situation au Sri Lanka, ce qui frappe encore dans ce cas précis c'est l'intérêt à géométrie variable de nos leaders d'opinion sur les injustices de ce monde. A titre personnel, j'avoue que mon attention s'est portée sur le sujet grâce à une ex-collègue, d'origine tamoul, qui a utilisé Facebook (eh oui, ça sert aussi à ça, Facebook...) pour sensibiliser son "réseau" sur la situation au Sri Lanka. Pas facile d'intéresser les gens au sort d'un si petit pays quand George Clooney ne vient pas la ramener au journal télévisé ! Hier midi, sur l'esplanade du Trocadéro, quelques dizaines de manifestants pro-tamouls faisaient un sitting de soutien à quatre d'entre eux qui ont entamé une grève de la faim, sous le nez des touristes et des vendeurs de beignets. Ils manifestaient pacifiquement et en silence. Sans le regard des caméras.

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Par Kaplan
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Vendredi 3 avril 2009
Berlusconi est tout sourire, il enlace Obama comme s'il était au mariage de son beau-frère. Medvedev fait coucou aux photographes comme s'il était à L'Ecole des Fans. Sarkozy boude un peu : le président américain ne l'a pas très bien traité et les médias internationaux n'ont pas assez mis en avant les efforts déployés par la France lors de ce sommet. Gordon Brown pousse un soupir : la City ne sera pas démantelée, et il n'y a qu'un seul mort à déplorer. Bon, dans l'ensemble, tout le monde est content, ce G20 s'est bien passé. Pas de foire d'empoigne, mais des compromis et de gros effets d'annonce : 1000 milliards de dollars supplémentaires injectés dans l'économie mondiale, renforcement du FMI, du FSF (Forum de Stabilité Financière) et de l'OMC, condamnation (trèèèèèès timide) des paradis fiscaux, plus de réglementation, plus de place pour les pays émergents. Apparemment, ce sommet est un succès : tout le monde semble tirer dans le même sens.

D'aucuns redoutent, néanmoins, que cette grand messe de l'anti-crise n'ait pas accouché d'un vaccin, mais d'un vulgaire sparadrap. Le Figaro titre ce matin avec la naissance d'un "nouveau capitalisme", ce qui pose la question : le capitalisme peut-il seulement être rénové ? Toutes ces décisions prises à Londres seront-elles effectivement appliquées, et même si elles le sont, est-ce qu'elles ne font pas que s'attaquer à la surface du problème, alors qu'elles devraient s'attaquer à ses racines ? Jacques Attali, qui avait déjà soulevé le problème sur le blog de l'Express il y a quelques jours, en a remis une couche ce matin sur France Info. Pour lui, malgré les efforts louables consentis par les dirigeants du G20 pour sortir de la crise, les mesures préconisées ne font que la reporter. Les fondements mêmes du système capitaliste, la spéculation, la manipulation, l'avidité, ne sont pas remis en question. Il a lui-même comparé cette réunion du G20 au coeur de la City à une réunion d'anciens alcooliques dans un bar. Et de rajouter ce matin : "ces mêmes alcooliques qui auraient décidé de boire un dernier verre pour fêter ça." Je vous laisse découvrir son interview, intéressante.

Par Kaplan
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