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Jeudi 3 juillet 2008

L'image, je crois, se suffit à elle-même. Ingrid Bétancourt est libre, après avoir subi six ans de captivité dans la jungle, entre les mains des Farc. Libérée avec quelques autres otages grâce à une incroyable opération d'infiltration de l'armée colombienne, l'héroïne a enfin retrouvé sa famille, ses enfants. On dit que les happy ends n'arrivent qu'au cinéma, voici la preuve que non. Bienvenue, Ingrid.

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par Kaplan publié dans : L'info
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Jeudi 26 juin 2008
Quand, mais quand va-t-on abandonner cette sale habitude, ce mal tellement français, ce "fait du prince" qui autorise les élus de la République, qui sont en poste parce qu'ils ont recueilli nos voix (ou du moins la majorité de nos voix), qui sont à notre service et qui l'oublient trop souvent, à mettre leur nez dans des affaires qui ne devraient pas les concerner ? Quand cesseront-ils de vouloir tout contrôler, tout diriger, tout cloisonner, notamment dans le domaine de l'information et de l'économie ? Aura-t-on un jour des médias libres et indépendants, dégagés des accointances politiques et des consanguinités financières ? De Gaulle, Mitterrand, Chirac, chacun en son temps a usé et abusé de son influence régalienne, donné ses directives et placé ses pions sur l'échiquier médiatique. Mais que penser des manoeuvres trop voyantes que le "président de la rupture" est en train d'opérer actuellement ?

Bolloré, Lagardère, TF1, Le Figaro, Paris Match... Nicolas Sarkozy avait déjà des copains à tous les étages. Voici que le projet de réforme de France Télévisions s'apparente à un remake de "main basse sur la ville", une véritable opération commando en deux temps : primo, prendre le contrôle sur la désignation des équipes dirigeantes ; secundo, saigner financièrement le service public audiovisuel pour l'empêcher encore mieux d'atteindre ses objectifs, tout en réservant en coulisse plus de recettes publicitaires aux opérateurs privés. Certes, on pourra toujours dire qu'en dégageant le service public de toute dépendance à la pub, on lui donne la possibilité de créer des programmes plus qualitatifs (mais avec quel argent ?) Certes, on pourra toujours dire que la nomination du président de France Télévisions n'était pas beaucoup plus transparente jusqu'à présent, puisque le CSA est de toute façon composé en fonction de la couleur politique dominante du moment... Nicolas Sarkozy, fidèle à son registre du "bon sens près de chez vous", résout la question en mettant en place un système qui se veut plus "transparent" : en gros, c'est l'Elysée qui désignera le président de France Télévisions. En fait de transparence, ce futur système est clair comme de l'eau de roche : l'audiovisuel public sera désormais à la botte des majorités politiques successives (parce qu'à n'en pas douter, le problème sera excatement le même si la gauche revient au pouvoir), et son financement réduit ne lui permettra même plus de remplir correctement sa mission, à savoir informer, instruire et divertir avec qualité. TF1 était déjà à quatre pattes (et je ne dis pas ça en référence à Laurence Ferrari), France Télévisions sera bientôt à genoux. Sale temps pour les médias, décidément.

Voir l'édito du Monde

Voir la polémique qui fait rage

Voir l'édito de Libé

Et ça fait encore rage

En cadeau, le Blog de Kaplan t'offre le Rapport de la Commission Copé !
par Kaplan publié dans : L'info
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Jeudi 19 juin 2008
Je sais, je sais, vous allez dire : Kaplan nous fait encore une rubrique nécrologique. Mais est-ce que c'est ma faute à moi, si les légendes du cinéma disparaissent les unes après les autres ces derniers temps ? Comment passer sous silence la mort de Cyd Charisse, dont les pas de danse virevoltants et la plastique avantageuse m'ont procuré tellement d'émotions... de cinéphile. Dans les bras de Fred Astaire ou de Gene Kelly, dans Brigadoon, Tous en Scène, Beau Fixe sur New York, ou dans cette scène inoubliable de Chantons sous la Pluie, elle était tout simplement aérienne et divine. J'espère que là-haut, les dieux du cinéma swinguent en son honneur...


par Kaplan publié dans : L'info
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Mercredi 4 juin 2008

En dépassant hier, lors des deux primaires du Montana et du Dakota du Sud, la barre fatidique des 2118 délégués requis pour son intronisation, Barack Obama a gagné le droit de représenter le Parti Démocrate dans la course à la Maison Blanche. Bien que sa rivale Hillary Clinton ait pour l'instant refusé de reconnaître sa défaite (que ce soit dans l'espoir de tenter une procédure de rattrapage ou dans l'intention de négocier son retrait en briguant un ticket de vice-présidente), il semble que les jeux sont faits. Ce n'est plus qu'une question d'heures ou de jours avant que Barack Obama, 46 ans, devienne officiellement le premier candidat noir à l'élection présidentielle américaine. Il affrontera le champion républicain, John McCain, 71 ans et vétéran du Viêtnam, jusqu'au scrutin de novembre prochain.

S'il gagne, Barack Obama tournera d'un coup une page énorme de l'histoire politique américaine, et occidentale. Plus qu'un président afro-américain, il sera un président métis né de père africain, jeune, relativement neuf en politique, davantage en prise avec le monde qu'avec les rednecks dont il a tant de mal à s'attirer la sympathie. Il sera le premier dirigeant de couleur d'une grande puissance occidentale. Mais aussi celui qui mettra fin à plus de vingt ans de pouvoir aux mains des Bush et des Clinton (presque trente en fait, si l'on compte les années de Bush père aux côtés de Reagan). Une nouvelle génération, une nouvelle voix. Voilà qui est particulièrement réjouissant venant de la "plus grande démocratie du monde", tellement ternie après huit ans de George W. Bush aux manettes.

La politique ne doit jamais nous faire complètement désespérer, en voici la preuve. "Change" est le grand slogan de la campagne d'Obama, et sans forcément croire aux miracles ou aux contes de fée, du changement, on peut en espérer. Sans vouloir à tout prix comparer la chose avec ce qui se passe en France, il se trouve que nous avons, depuis plus d'un an, un président qui se veut celui de la "rupture". Est-ce que le changement, tout simplement, ce n'est pas mieux au fond ?
Mais la leçon à tirer de cela, à vif, sans présumer de ce que sera le bilan d'Obama si d'aventure il est élu, c'est l'incroyable sentiment de vitalité et d'espoir que peut susciter un homme (apparemment) intègre, digne, droit, respectueux, rassembleur, civilisé. Nous avons besoin d'être tirés vers le haut, et c'est un peu l'impression qu'Obama donne, de ce côté-ci de l'Atlantique. J'aspire à voir la même chose sur la scène politique française. Un homme, ou une femme, qui nous tirera vers le haut, par son discours et ses actes. Du côté de l'Elysée, personnellement, je ne vois rien de tel. Et à voir la foire d'empoigne qui sévit au PS, entre guerres de personnes et hésitations idéologiques et sémantiques (du style "je suis socialiste et libéral", WTF ???), ça ne va pas venir tout de suite de notre gauche. Patience, patience, tout finit par arriver. Même au pays de George W. Bush. Alors pourquoi pas chez nous ?
par Kaplan publié dans : L'info
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Mardi 27 mai 2008
La meilleure manière de rendre hommage à Sydney Pollack, réalisateur de Jeremiah Johnson, de Nos Plus Belles Années, des Trois Jours du Condor, de Tootsie, ou encore de La Firme, c'est encore de passer un extrait d'un de ses films. Il est mort hier à 73 ans. Et ça, c'est un passage de Out of Africa.


par Kaplan publié dans : L'info
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Mardi 22 avril 2008
L'évolution des médias et l'avenir du journalisme sont décidément des sujets qui me taraudent en ce moment. Aussi bien à titre personnel que professionnel. La crise d'ampleur mondiale que traverse la profession, entre pressions financières, blocages politiques, dérives éthiques et abdications intellectuelles, n'incite pas à un très grand optimisme et ne contrbue pas à redorer le blason des pourvoyeurs d'information.
C'est dans ce contexte tendu que vient de s'ouvrir, à Washington, un musée des médias : un site de sept étages, au budget (coquet) de 450 millions de dollars, entièrement dédié à la gloire du journalisme et évitant soigneusement les sujets qui fâchent, qu'il s'agisse des dérives de l'info ou des problèmes rencontrés par la profession, alors que 15 000 journalistes ont perdu leur emploi durant ces dix dernières années aux USA - entre autres. Une initiative louable a priori, donc, car il est toujours bon de se rappeler que l'accès à l'information est un droit qui a été chèrement acquis et une bataille de tous les jours. Mais une initiative à double tranchant, car elle semble mettre sous vide les vestiges d'une époque révolue, celle d'un journalisme libre, intègre et engagé. A quand le même musée en France ?

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=84922
par Kaplan publié dans : L'info
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Mardi 15 avril 2008
L'indépendance d'esprit est une denrée en voie de raréfaction. De manière générale, la plupart d'entre nous suivent des modes de pensée et de fonctionnement curieusement similaires, en fonction du milieu d'où l'on vient, de celui dans lequel on évolue, de l'information à laquelle on a accès. A l'heure de la mondialisation, curieusement, la tentation du repli sur des chapelles est plus forte que jamais - que ces chapelles soient religieuses, communautaires, socio-professionnelles, politiques. Je suis de droite, donc je pense comme ça. Je suis de gauche, donc je pense comme ça. Je suis musulman, catho, protestant, juif, donc je pense comme ça. Je suis courtier en bourse, je suis agriculteur, je suis prof, je suis cadre sup, donc je pense comme ça. Je suis supporter de l'OM, donc je pense comme ça.
Bien sûr je force le trait. Mais il me semble que nous vivons à une époque de durcissement des positions, de toute part, qui incite beaucoup de gens à se camper sur des "convictions" que d'autres ont souvent élaborées pour eux au lieu d'essayer, je dis bien essayer, de développer une forme de réflexion personnelle sur le monde qui les entoure.

Ainsi est-il de bon ton aujourd'hui en France, de fustiger les médias, coupables de tous les maux. Taxés il y a encore quelques années d'être trop "politiquement corrects", ils ont été abondamment accusés ensuite de contribuer à la droitisation de la société, puis carrément de servir la soupe à Sarkozy, et on leur reproche en général de formater l'opinion, de faire toujours retentir le même son de cloche. Les médias, toujours coupables d'abrutir les masses, de mal les informer.
C'est de bonne guerre. Je suis assez bien placé pour constater qu'aujourd'hui, contribuer à la fabrication d'un média, quel qu'il soit, oblige à avaler des couleuvres de toutes tailles, à se plier aux pressions diverses des financiers, des annonceurs, du public. La situation est très difficile, et beaucoup de journalistes jettent l'éponge. Parallèlement, on constate que beaucoup d'entre eux (les journalistes) disposent d'une marge de manoeuvre et d'une liberté d'expression tellement étroite qu'ils sont formés dès leurs débuts à suivre une ligne de conduite dont ils s'écartent rarement. Il y a bien un phénomène de masse dans les médias, qui les fait avancer la plupart du temps en troupeaux et les fait parler souvent à l'unisson. C'est vrai des journalistes culturels, c'est vrai des journalistes sportifs, c'esr vrai des journalistes gastronomiques, c'est vrai des journalistes économiques, c'est vrai des journalistes politiques. Les opinions, les angles de vue, les approches des sujets, et jusqu'aux sujets traités, tout cela évolue de manière endémique dans un milieu (ou plutôt un ensemble de micro-milieux) où il est finalement assez rare de voir une tête dépasser.

Je crois, pour ma part, qu'il y a des exceptions : mettre tous les journalistes, mettre tous les médias dans le même sac, c'est nier la possibilité qu'il puisse y avoir une poignée d'individus libres, intègres et consciencieux, qui essaient de bien faire leur travail en dépit des difficultés qui les entourent. Je crois aussi qu'aujourd'hui, notamment grâce à l'avènement des nouvelles technologies, nos contemporains ont la possibilité d'avoir accès à une vaste palette d'information, où il n'est pas toujours facile de faire le tri, certes, mais où il est toujours possible de se forger une opinion qui s'écarte du JT de TF1 ou des colonnes de Métro. Encore faut-il que chacun ait l'envie et la curiosité d'aller chercher cette information de lui-même... Quant aux médias, il n'est jamais trop tard pour amorcer une remise en question et sortir des sentiers battus pour explorer les chemins de traverse.

Pourquoi je parle de ça ? Parce que j'ai été interpellé par une chronique de Jean-François Kahn dans Libé au sujet de l'état des médias. Il y développe une analyse intéressante sur, justement, cette "autocontamination" dont souffrent actuellement la plupart des journalistes français. Mais pas seulement les journalistes, à mon avis. Alors oui, Jean-François Kahn, il est agaçant, mais là, je pense qu'il met le doigt sur quelque chose. Je vous invite à le lire.
par Kaplan publié dans : L'info
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