Lundi 30 juin 2008

Au foot, ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent. Ce sont souvent les plus roublards, les plus teigneux, les plus bagarreurs, les plus opportunistes... Mais pas forcément les meilleurs. Hier soir, les meilleurs portaient maillot rouge et fort heureusement, ce sont eux qui ont gagné. L'équipe d'Espagne a remporté le Championnat d'Europe des Nations après 44 ans sans titre international, en pratiquant tout au long de la compétition un jeu offensif, spectaculaire, audacieux et festif. Cette équipe jeune entraînée par un vieux briscard (pas toujours sympathique, d'ailleurs...) n'a cessé de faire une démonstration de football durant ces trois dernières semaines. On craignait hier une nouvelle démonstration du sacro-saint "réalisme" allemand face au talent put des Espagnols, mais pour une fois, la Mannschaft n'a pas renversé la vapeur à la dernière seconde : ce sont bien les hommes d'Aragones qui ont eu la main mise sur le match, et qui ont su enfoncer le clou au moment idéal grâce à la pugnacité d'un Fernando Torres des grands soirs. 1-0... la victoire est acquise sur la plus petite des marges, et avec le nombre d'occasions qu'elle a ratées, la Seleccion aurait pu avoir des raisons de se mordre les doigts. Mais hier soir, la couleur du destin était rouge. L'Espagne est championne d'Europe, et surtout, c'est le beau jeu qui est sorti vainqueur de cette compétition. Olé !
Du rouge (et du noir), il y en avait aussi Place du Capitole, hier après-midi, puisque le Stade Toulousain a remporté la finale du championnat de France de rugby face à Clermont (26-20). Le Bouclier de Brennus fait son retour dans la ville rose après sept ans de disette, et ça aussi, j'avoue, ça me fait vraiment plaisir. Un beau-week end de sport...


Si cela vous a rappelé quelque chose, c'est normal. L'indigeste Roumanie-France d'hier soir
avait comme un air de famille avec l'inaugural France-Suisse de la Coupe du Monde 2006, que les Bleus avaient déjà conclu sur le score décevant de 0-0. A deux années d'écart, le menu était
identique : même indigence collective, même inefficacité offensive, même impuissance tactique. Impossible de sortir un joueur du lot tant la partition générale était terne, lente et sans idée. Dur,
dur, d'être un supporter de l'Equipe de France et de devoir se taper un match pareil en démarrage d'un Championnat d'Europe !
